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53Troisième année de vie publiqueChapitre 572Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Troisième parabole sur les conseils

Troisième année de vie publique — Sichem, en Samarie, sur la place principale envahie par la ville entière et les campagnes alentour. Jésus parle depuis le perron d'une maison, les trois enfants qu'il a arrachés à des voleurs serrés contre lui. C'est le dernier volet du cycle ouvert à Silo et poursuivi à Lébona, et l'un de ses derniers discours avant la Passion.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 572

Le récit

Le préambule est aussi important que la parabole. Jésus rappelle à Sichem qu'il l'a appelée une première fois et qu'elle a cru avoir tout le temps de se décider ; une seule personne s'est mise en route sans attendre, et c'était la plus pécheresse de la ville — sans doute, dit-il, parce qu'elle seule se savait morte. Les autres ne se voient pas morts, donc ne se pressent pas. Suit une comparaison prise dans la vie ordinaire : l'invité d'un grand repas prépare son estomac, le vigneron s'abstient la veille pour garder le palais net et juger exactement son vin ; l'homme ne saurait-il pas en faire autant pour son âme ?

Vient alors la parabole, donnée comme la clôture du cycle. Un roi envoie son fils bien-aimé visiter un royaume immense, morcelé en provinces qui se représentent leur souverain de façons incompatibles. Les unes le connaissent si bien qu'elles s'en croient les préférées et tirent orgueil de leur perfection supposée. D'autres le connaissent sans se juger sages pour autant, et travaillent à mieux le connaître. D'autres encore l'aiment à leur manière : elles se sont fabriqué un code personnel en prélevant dans le vrai ce qui leur convenait et en le mêlant à des lois empruntées ailleurs ou inventées. D'autres enfin ne savent presque rien de lui, et ce peu, elles le tiennent pour une fable.

Le fils parcourt tout cela avec un remède différent pour chaque cas : corriger l'orgueil ici, relever les avilis là, redresser les idées fausses ailleurs, purger la loi de ce qu'on y a glissé, combler des ignorances. Mais la leçon première est partout la même, et elle n'est pas verbale : l'exemple d'une justice observée jusque dans les détails secondaires. Ses actes et ses paroles coïncident sans dissonance, et c'est cela qui convertit.

C'est aussi cela qui le condamne. Les provinciaux qui possédaient la lettre du code sans en avoir l'esprit se voient démasqués par sa seule tenue, et décident de supprimer ce qui les révèle. Deux méthodes, sur deux fronts : contre le fils, mauvais conseils et persécution ; contre ses partisans, mauvais conseils et intimidation. Jésus s'arrête pour en détailler les formes, qui vont du faux intérêt bienveillant — ne fais pas cela, tu t'y nuirais — à la menace du mépris, en passant par l'usage d'instruments ignorants qu'on persuade de rendre service en nuisant.

Le fils entend tout, examine tout, juge tout. Et à chaque avis, qu'il vienne de la haine ou de l'affection, il oppose la même réponse : être fils du roi ne le dispense pas d'être le plus fidèle des sujets. Il bénit ceux qui voulaient le sauver, et refuse quand même — parce que leur amour et le sien ne sauraient primer sur l'amour dû au père.

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même.

Il déclare la parabole trop claire pour avoir besoin d'un commentaire, et n'en donne qu'une phrase, mise dans la bouche des âmes justes :

« Il est vraiment le Juste, car aucun conseil humain ne peut le dévoyer. »

EMV 572.6

Puis il quitte l'allégorie et parle en son nom : rien ne peut l'induire en erreur, et s'il tombait dans l'erreur il serait pour eux un traître au lieu d'un Sauveur — auquel cas ils auraient raison de le haïr. Vient enfin l'acquittement de ses auditeurs :

« Vous n'êtes pas coupables, puisque vous l'avez fait par esprit d'amour. »

EMV 572.6

Il les appelle fils de son esprit, les bénit pour l'intention, et leur demande de croître dans une justice qui piétine l'égoïsme, la peur des ennemis et la peur de la mort.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Le cycle change de sujet en changeant de ville. À Silo, la parabole portait sur les conseillers ; à Lébona, sur les conseillés ; ici, sur le conseillé qui refuse. Le fils du roi cesse d'être un rôle pour devenir le protagoniste, et Jésus abandonne la fiction en cours de route pour dire je. Le troisième volet est donc moins une leçon de morale qu'un adieu argumenté : voici pourquoi je pars, et pourquoi votre affection ne me retiendra pas.

Une définition rare de la faute d'aimer mal. Le chapitre soutient deux choses qui semblent s'exclure : le conseil des Samaritains était objectivement mauvais, et ceux qui le donnaient ne sont pas coupables. La ligne de partage n'est pas l'effet mais l'intention — ce qui achève, par contraste, le portrait des conseillers de Silo, coupables précisément parce qu'ils savaient.

Le chapitre se juge lui-même. La place ne se disperse pas dans l'unanimité : les uns reconnaissent avoir été manipulés, les autres accusent Jésus de les avoir flattés puis bernés. Valtorta laisse tomber en dernière ligne la parole de Siméon sur le signe de contradiction. Le discours sur les conseils reçus produit, à l'instant même où il s'achève, deux réceptions opposées d'un même conseil.

Résonances bibliques

  • Luc 2, 34 — « il sera un signe de contradiction », citée par Valtorta pour clore le chapitre.
  • Jean 4, 5-42 — la Samaritaine de Sychar, à qui renvoie l'allusion à « la plus pécheresse » qui, seule, n'a pas attendu.
  • Matthieu 5, 48 — la perfection du Père proposée comme mesure, dont l'exhortation « soyez justes comme je le suis » est ici la forme concrète.
  • Jean 14, 30-31 — le prince de ce monde n'a aucune prise sur lui ; il fait ce que le Père lui a commandé. C'est la réponse du fils du roi, mot pour mot transposée.
Troisième parabole sur les conseils (Sichem) — Les paraboles de Jésus