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52Troisième année de vie publiqueChapitre 570Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Seconde parabole des mal conseillés

Troisième année de vie publique — Lébona, nœud de routes caravanières sur la grand-route de Jérusalem, un matin de printemps, au milieu du tumulte des caravanes qui descendent pour la Pâque. Auditoire composite : Samaritains, Galiléens, gens de la Décapole, scribes hostiles, disciples d'Éphraïm et de Silo.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 570

Le récit

Une famille a proliféré jusqu'à devenir une tribu, et le vieux père se retrouve à la tête d'une manière de petit royaume. Les caractères y sont ce qu'ils sont partout : des justes, des orgueilleux, des satisfaits, des envieux persuadés d'avoir été moins bien lotis qu'un frère. Le meilleur de tous est naturellement le préféré du patriarche — et haï des mauvais pour cette raison même, sans qu'il leur vienne à l'esprit qu'il suffirait de l'imiter pour être aimés autant. C'est à lui que le père confie ses pensées, à charge de les porter aux autres.

Le clan s'est scindé en trois : les fidèles, les rebelles, et entre eux une masse d'indécis, attirés par le fils aimé mais intimidés par le parti adverse. Le père décide alors d'envoyer son fils précisément vers ce troisième groupe, puisque les endurcis, eux, n'accueillent rien et se sont mis en outre à corrompre les hésitants.

L'envoi réussit : chaque jour, un cœur bascule. Ce qui a pour effet de rendre les rebelles visibles — et c'est ce qu'ils ne supportent pas. Réunis à part, ils conçoivent un plan d'une remarquable perversité. Feindre le repentir, aller trouver les convertis de fraîche date, et leur souffler l'une ou l'autre de deux rumeurs : ou bien le fils sert son père en apparence mais se constitue en secret un parti pour se soulever contre lui ; ou bien c'est le père qui projette d'éliminer ce fils devenu trop glorieux — auquel cas le devoir est de le retenir loin de la maison paternelle, pour son bien.

L'argumentaire adressé aux nouveaux venus est un chef-d'œuvre de flatterie : il vous a préférés aux autres, il vous a relevés de votre abjection, vous lui devez de le défendre, de le retenir de force au besoin, ou de le proclamer roi et de marcher contre ce père injuste. À ceux qui objectent que le fils n'a jamais voulu que les conduire au père, on répond qu'il ne disait pas tout, qu'il se cherchait un refuge, et qu'il faudra l'empêcher de se raviser. Beaucoup s'enflamment et complotent, sans voir les regards que les conseillers échangent entre eux.

Une minorité résiste. Ceux chez qui la parole du juste avait pris racine raisonnent : ce serait offenser le père, offenser le fils, se nuire à soi-même, et supposer que des adversaires déclarés de la justice conseillent mieux que le fils bien-aimé. Ils laissent donc partir celui qu'ils aiment, l'accompagnent jusqu'à la limite de leurs champs, et lui promettent de rejoindre la maison du père par la voie qu'il leur a montrée. Les autres tentent le fils et le tournent en dérision comme incapable, parce qu'il s'est obstiné à faire son devoir.

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même.

Il pose la question — pourquoi le même conseil a-t-il produit des effets contraires ? — et, devant le silence, il donne la réponse déjà formulée à Silo :

« les conseils acquièrent de la valeur ou deviennent nuls, selon qu'ils sont ou ne sont pas accueillis. »

EMV 570.9

Suit la démonstration : celui qui ne veut pas pécher ne péchera pas, et Dieu ne punit pas des fautes non commises ; entendre le mal n'est pas y consentir. L'excuse « je le croyais bon » est démontée par une définition — est bon ce qui plaît à Dieu — et par deux questions rhétoriques : Dieu peut-il approuver une désobéissance, bénir ce qui contredit sa Loi ? La conclusion durcit le propos jusqu'à l'extrême :

« il faut savoir mourir plutôt que de transgresser la Loi divine. »

EMV 570.9

Le cycle est explicitement laissé ouvert : la suite sera donnée à Sichem.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

La parabole désigne la scène où elle est prononcée. Le fils qu'on veut « retenir de force », « proclamer roi », détourner de la maison paternelle où l'attend la trahison : c'est très exactement ce que des Samaritains s'apprêtaient à faire de Jésus pour l'empêcher de monter à Jérusalem. Le récit n'est pas une leçon générale, c'est un démontage public de la manœuvre en cours, fait devant ceux qui la subissent et devant ceux qui l'ont montée. Les commentaires de la foule, à la fin du chapitre, montrent que le message a porté : lui, il sait ce qu'ils nous ont raconté.

L'affection comme véhicule du mauvais conseil. Le trait le plus fin du récit est que les mal conseillés agissent par amour. Ils veulent sauver le fils. Rien dans leur intention n'est mauvais — et c'est pourquoi le piège fonctionne. La parabole avertit contre une tentation qui ne ressemble pas à une tentation.

Un échange qui vaut lui-même une parabole. Avant de parler, Jésus est sommé de se taire par un émissaire du Sanhédrin. Sa réponse tient en deux phrases :

« Mon nom est Parole. Et la Parole parle. »

EMV 570.5

L'annonce qui suit — il ira au Temple, et il y donnera à Gamaliel, « après vingt-et-un ans », la réponse attendue — renvoie à l'enfant de douze ans retrouvé parmi les docteurs.

Résonances bibliques

  • Matthieu 16, 21-23 ; Marc 8, 31-33 — Pierre prenant Jésus à part pour le détourner de la Passion, par affection, et s'entendant appeler Satan. C'est le mauvais conseil dicté par l'amour, exactement la situation du chapitre.
  • Jean 6, 15 — la foule voulant enlever Jésus pour le faire roi ; il se retire seul dans la montagne.
  • Luc 9, 51-53 — un village samaritain refuse de le recevoir parce qu'il faisait route vers Jérusalem. Le même conflit géographique, retourné : ici, ce sont des Samaritains qui veulent le garder.
  • Matthieu 4, 8-10 ; Luc 4, 5-8 — la proposition d'un royaume obtenu autrement que par l'obéissance au Père.
Seconde parabole des mal conseillés (Lébona) — Les paraboles de Jésus