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A20Leçons aux RomainsChapitre 10Leçon n° 10 — Rm 2, 17-29.SimilitudeLa parabole est prononcée par un autre que Jésus.

Similitude des comédiens et des mimes

Leçons aux Romains — leçon n° 10, sur Romains 2, 17-29. Dictée du 17 janvier 1948. Le commentaire porte sur la circoncision du cœur : Paul vient de dire que « vrai juif n'est pas celui qui paraît tel », et l'Auteur Très-Saint en tire une question toute crue — « À quoi sert de porter la soutane… si ensuite l'homme qui la porte, au lieu de servir la Loi, se fait serviteur du monde, du démon, ou de ses propres sens ? »
Leçons sur l'Épître de saint Paul aux Romains, leçon n° 10

Le récit

Les comédiens et les mimes, eux aussi, savent porter des habits de rois, de prêtres, de guerriers, d'ouvriers ou de paysans. Ils les portent bien, ils les portent le temps qu'il faut, et personne dans la salle ne s'y trompe : le roi est un roi, le prêtre est un prêtre.

Puis la pièce s'achève, le rideau tombe. Ils retirent les vêtements mis pour la représentation et reprennent les leurs. Rien n'a bougé au-dedans : « Leur cœur ne change pas pour avoir représenté la magnanimité d'un roi, la sainteté d'un prêtre, la vaillance d'un guerrier, les sentiments d'un ouvrier ou d'un paysan. »

Le texte pousse la symétrie jusqu'au bout, dans les deux sens. S'ils sont justes, ils demeurent justes même après avoir joué à la perfection un monstre d'iniquité ; s'ils sont eux-mêmes des monstres d'iniquité, ils le demeurent même après avoir joué à la perfection la vie d'un saint. L'habit n'améliore pas plus qu'il ne corrompt : il ne fait rien du tout.

La morale

◆ Énoncée, mais pas par Jésus. Celui qui parle se présente comme « l'Auteur Très-Saint » ; il nomme le Père et le Christ à la troisième personne, et dans la leçon n° 16 le même locuteur se désigne lui-même : « moi, Esprit Saint ». La similitude n'est d'ailleurs pas annoncée comme une parabole : elle tombe au milieu de la démonstration, en réponse immédiate à la question sur la soutane, et son application suit sans transition.

Ceux que vise l'image sont ceux qui, à en juger par leur façon de servir la Loi, « aux yeux du monde donnent l'impression d'être circoncis — et même décapités de la triple concupiscence », mais qui, aux yeux de Dieu et des habitants du Ciel, « montrent la présence des sept serpents capitaux, bien vivants dans leur cœur ». Leur cas est pire que celui du commun : à la triple concupiscence héritée d'Adam, qu'ils n'ont pas retranchée, ils en ajoutent une de leur cru.

« ils ajoutent un serpent supplémentaire, celui de l'hypocrisie, qui est une sorte de trahison. Trahison de leurs semblables, devant qui ils veulent paraître ce qu'ils ne sont pas, et trahison de Dieu qu'ils pensent pouvoir tromper de la même façon. »

Leçons sur l'Épître de saint Paul aux Romains, leçon n° 10

L'illusion théâtrale reçoit alors son nom : de la poudre aux yeux. « Comme si la poussière dorée qu'ils lancent en l'air pour que le monde les admire pouvait avoir sur Dieu le même effet qu'elle a sur les hommes. » Et la réplique tient en une ligne : « Dieu n'accepte pas la poussière dorée. Il accepte l'or pur, l'or massif, l'or parfait, la vraie charité. » La circoncision du cœur, dans cette leçon, n'est pas une dévotion supplémentaire mais l'obéissance effective à la Loi — ce qui reste quand le costume est ôté.

Le destinataire n'est pas nommé, et cela distingue ces leçons des Cahiers. Ici, pas de « tu » adressé à Maria Valtorta : le locuteur dit « vous », et le « vous » est bientôt précisé — « religieux, prêtres, prophètes, voix de Dieu, élèves de Dieu ». Ce sont ceux qui « par condition, ou par grâce d'état, ou par don extraordinaire reçu, en savent plus » ; d'eux on attendra plus, et pour deux raisons distinctes : par reconnaissance envers Dieu, et « pour ne pas être de scandale aux petits du troupeau ». C'est ce second motif qui commande toute la suite du chapitre, où la similitude des rochers tombant dans le lac vient mesurer le dégât produit.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Le mot « hypocrite » rendu à son sens premier. En grec, hypokritès désigne l'acteur, celui qui joue sous le masque. Le texte arrive au mot « hypocrisie » un paragraphe après la similitude, sans jamais signaler l'étymologie ; l'image, elle, la restitue en entier. La comparaison n'est donc pas seulement juste, elle est littérale : reprocher à un homme d'être un comédien, c'est répéter deux fois la même chose.

Un déplacement par rapport à Paul. Paul parle de circoncision, c'est-à-dire d'une marque dans la chair, irréversible : on ne la retire pas au baisser du rideau. La dictée y substitue la soutane, c'est-à-dire un vêtement, qui s'endosse et s'ôte. Le déplacement est précisément ce qui rend les comédiens possibles — et il durcit l'argument autant qu'il s'écarte de la lettre : l'objection de Paul portait sur l'inutilité d'un signe réel, celle-ci porte sur le mensonge d'un signe amovible.

L'image absout autant qu'elle accuse. La symétrie est poussée si loin qu'elle joue dans les deux sens : le juste reste juste même après avoir joué un monstre. Autrement dit, l'habit ne salit pas non plus. Sur le fond, la similitude ne dit pas que la soutane est un déguisement — elle dit qu'aucun vêtement n'a jamais fabriqué personne. C'est une thèse sur l'impuissance des dehors, pas sur leur nocivité, et elle sert ici l'accusation par pur effet de circonstance.

Ce qui manque au comédien pour être coupable. Un acteur ne trompe personne : la pièce est annoncée, le rideau encadre le mensonge, la salle est complice. Le texte n'en dit rien, mais c'est là que se loge le mot « trahison » qu'il emploie : ce qui est reproché n'est pas de porter un costume, c'est de jouer sans rideau et sans affiche, devant des spectateurs qui ignorent qu'ils sont au théâtre. Le comédien de la similitude est innocent ; ce qu'on lui emprunte, c'est seulement la démonstration que le costume ne prouve rien.

Résonances bibliques

  • Romains 2, 17-29 — le passage commenté, cité dans le chapitre : « Vrai juif n'est pas celui qui paraît tel. La circoncision véritable n'est pas celle d'une marque dans la chair. »
  • Deutéronome 10, 16 et Jérémie 4, 4 — « Circoncisez votre cœur », que le chapitre appelle un « vieil adage » et cite comme tel.
  • Matthieu 7, 15 — les faux prophètes « qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups ravisseurs » : le costume, exactement, et retourné contre le troupeau.
  • Matthieu 23, 27-28 — les sépulcres blanchis, « beaux au-dehors » et pleins d'ossements : même diagnostic, même mot d'hypocrisie, appliqué aux mêmes destinataires.
  • 1 Samuel 16, 7 — « l'homme regarde à l'apparence, mais le Seigneur regarde au cœur » : le principe dont la similitude est la démonstration en trois temps.
  • Apocalypse 3, 17-18 — au tiède qui se croit riche, le conseil d'acheter « de l'or purifié au feu » : la distinction entre la poussière dorée et l'or massif y est déjà faite.
Similitude des comédiens et des mimes — Les paraboles de Jésus