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76Deuxième année de vie publiqueChapitre 256Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole vivante de l'espérance (le vieil aveugle)

Deuxième année de vie publique — Chez des vignerons, sur une terrasse ombragée d'une tonnelle épaisse. Jésus avait promis à ses disciples de leur parler de l'espérance et de leur expliquer une parabole. Il vient, quelques instants plus tôt, de rendre la vue à un vieillard aveugle qui ne savait pas à qui il parlait.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 256

Le récit

La parabole n'est pas racontée : elle est désignée du doigt.

« J'avais promis de parler de l'espérance à mes disciples et d'expliquer une parabole. La parabole, la voilà : ce vieux juif. C'est le Père des Cieux qui m'en donne le sujet. »

EMV 256.6

Ce qui précède est l'histoire elle-même. Le vieil homme, ignorant l'identité de celui qui l'interrogeait, avait dit qu'il était trop âgé pour voir le Messie sur terre, mais qu'il le verrait « du sein d'Abraham ». Il ne se plaignait de rien : il espérait payer par cette obscurité ses ingratitudes envers Dieu. Puis il avait averti ce jeune inconnu — « si ton âme est aveugle, tu auras des yeux et tu ne verras pas ». Et il avait ajouté une phrase qui dit tout de lui : « Je préfère m'en aller sans le voir, au lieu de le voir, moi, et que mes enfants ne le reconnaissent pas. »

Jésus a passé la main de ses cheveux blancs jusqu'à son menton. « Oh ! Très-haut Seigneur ! Mais je vois ! » Le vieillard reconnaît alors ce visage « inconnu et pourtant familier », comprend, et pleure sur les mains qu'il couvre de baisers.

Jésus reprend ensuite l'histoire de cet homme comme on déroule une parabole : né bébé d'Israël comme les autres, élevé dans les mêmes enseignements, devenu fils de la Loi comme les autres, puis époux, père, vieillard — « en espérant toujours dans les promesses faites aux patriarches ». Dans la vieillesse, l'ombre est descendue sur ses pupilles, « mais pas dans son cœur ».

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, sous la forme d'une théorie des trois vertus.

L'espérance est la vertu intermédiaire, et Jésus l'illustre par trois images successives. Un joug, dont elle est le bras transversal qui soutient foi et charité. Un pont, « pour que l'âme libère son vol dans la lumière ». Et surtout une échelle, où la répartition est précise :

« Voilà l'échelle faite de barreaux et de montants : la foi ce sont les barreaux, l'espérance les montants ; en haut se trouve la charité vers laquelle on monte grâce aux deux autres. L'homme espère pour croire, il croit pour aimer. »

EMV 256.6

L'ordre est donc inversé par rapport à l'énumération habituelle : l'espérance ne vient pas après la foi, elle la porte. Jésus le démontre par deux questions : « Comment croire que nous pouvons arriver à Dieu si nous n'espérons pas en sa bonté ? » et « comment faire vivre la charité si nous n'avons pas l'espérance ? » Avec cette observation, qui est de l'ordre du constat :

« Les désespérés n'aiment plus. »

EMV 256.6

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Un aveugle guéri deux fois. Il recouvre la vue, et voit du même coup celui qu'il n'espérait plus voir. Le miracle et l'objet de l'espérance coïncident dans le même instant : ce qu'il voit en premier, c'est le Messie. Le texte ne souligne pas que sa cécité aura duré exactement le temps qu'il fallait.

Le vrai contenu de son espérance n'était pas pour lui. « Je préfère m'en aller sans le voir, au lieu de le voir, moi, et que mes enfants ne le reconnaissent pas. » Le vieillard place le salut des siens au-dessus de son propre désir — ce qui est déjà de la charité, la vertu vers laquelle l'échelle est censée mener. Il a monté les trois barreaux avant qu'on lui explique l'échelle.

Une parabole que Dieu a fournie. Jésus dit qu'il avait promis d'expliquer une parabole, et que le Père lui en « donne le sujet ». Il n'a donc pas choisi son exemple : il l'a reçu en chemin, sous la forme d'un homme rencontré par hasard. Ce qui autorise à lire toute la scène comme une composition — le miracle sert de matériau au discours qui devait avoir lieu de toute façon.

Le reproche vise le culte, pas l'incroyance. Jésus explique que si l'espérance est morte en Israël, c'est par « révolte contre la Loi » — mais il précise aussitôt qu'il parle de la parole de Dieu, non « des superstructures qui y ont été mises par l'homme ». Et il décrit ces observances comme négligées par ceux-là mêmes qui les ont établies, et suivies par les autres « machinalement, par force, avec lassitude, stérilement ». Le vieil aveugle, lui, « a encore l'ancienne foi et elle [lui] suffit ».

Résonances bibliques

  • Luc 2, 25-32 — Siméon, qui attendait la consolation d'Israël et à qui il avait été révélé qu'il ne mourrait pas sans avoir vu le Messie : le parallèle le plus proche, jusqu'au « maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller ».
  • 1 Corinthiens 13, 13 — « Maintenant donc demeurent la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité. »
  • Romains 8, 24-25 — « Nous avons été sauvés en espérance… si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec patience. »
  • Hébreux 11, 13 — les patriarches morts « sans avoir reçu les choses promises, mais les ayant vues de loin et saluées ».
  • Isaïe 6, 9-10 — « Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas », que le vieillard cite lui-même à Jésus sans le connaître.
  • Genèse 28, 12 — l'échelle de Jacob dressée de la terre au ciel : l'image que Jésus reprend pour ordonner les trois vertus.
Parabole vivante de l'espérance (le vieil aveugle) — Les paraboles de Jésus