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33Troisième année de vie publiqueChapitre 425Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole du roi qui envoie ses enfants dans le monde avec deux pièces — le temps et le libre arbitre

Troisième année de vie publique — À Césarée Maritime, sous les portiques du marché, devant les petites gens et un groupe d'esclaves romains ; quelques instants après avoir entendu trois patriciens préparer une orgie et se vanter d'avoir acheté une adolescente.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 425

Le récit

Le récit est répertorié sous le nom de « parabole du roi » ; le texte ne met en scène qu'un père de famille nombreuse, sans trône ni royaume. Ce père réunit ses fils devenus adultes et remet à chacun deux pièces de grande valeur — la même somme pour tous. Son discours de congé est un contrat en règle : il cesse de travailler pour eux, ils useront de cet argent à leur guise, il restera chez lui pour conseiller et même pour renflouer qui aurait été ruiné par un malheur involontaire ; mais il sera sans indulgence pour la perte volontaire et pour l'oisiveté. Et il écarte d'avance les deux excuses possibles : nul ne partait sans formation, nul n'a reçu de lui un mauvais exemple.

Dix ans passent. Le capital, la santé et l'instruction étaient identiques ; les résultats divergent en quatre directions. Les uns bâtissent une fortune honnête. D'autres réussissent, puis dilapident. D'autres s'enrichissent par l'usure et des trafics inavouables. Les derniers ne font rien, par indécision.

Le père les fait chercher et les reçoit en séance publique, entouré de la parenté et de la ville entière. Avant même l'interrogatoire, l'allure de chacun a tout dit. Les réponses achèvent le tri : les violents lui reprochent de les avoir jetés dans le monde, d'autres le maudissent en l'accusant d'avoir tendu un piège ; les indolents avouent leur peur de mal faire et leur honte de confesser leur incapacité — c'est elle, non la distance, qui les a empêchés de revenir demander conseil ; les dissipateurs se jettent à genoux et ne réclament plus la fortune, seulement le pardon.

La sentence distingue trois sorts : les justes à la droite du père, égaux à lui dans la gloire ; les repentants remis à l'épreuve, comme des enfants qu'il faut encore instruire ; les impénitents chassés, la paternité étant rompue par leur haine même. Le père conclut en plaidant sa propre cause : le dépôt était le même pour tous.

« chacun s'est fabriqué son destin »

EMV 425.8

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même.

Elle est donnée sans transition, la parabole à peine terminée, avec la clé de chaque terme. Le père est le Père des Cieux ; les deux pièces sont le temps et la libre volonté, remis à chaque homme après qu'il a été instruit par la Loi et par l'exemple des justes. Le reste suit : récompense immédiate aux justes, délai de rachat à qui reconnaît ses torts, châtiment à l'impénitence — non au péché seul, mais à l'impénitence qui le prolonge.

« Ne dilapidez donc pas les deux pièces de monnaie — votre temps et votre libre arbitre »

EMV 425.9

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Le décor est le contre-exemple. La scène qui précède est presque une provocation : trois Romains désœuvrés énumèrent leurs occupations — mourir d'ennui, se divertir, abuser de leur pouvoir. Ils gaspillent exactement les deux pièces de la parabole, quelques minutes avant qu'elle ne soit racontée. Le texte n'établit aucun lien ; la composition du chapitre le fait à sa place.

L'auditoire rend la leçon vertigineuse. Ceux qui écoutent sont pour partie des esclaves, c'est-à-dire des hommes qui ne disposent ni de leur temps ni de leurs actes. Jésus n'esquive pas la difficulté : il la résout à la dernière ligne du chapitre en leur recommandant de bien user du temps et de la pensée, « qui est toujours libre, même si l'homme est dans les chaînes » (EMV 425.10).

Un père qui plaide non coupable. Entre la droite du père et l'expulsion s'ouvre une position intermédiaire — les repentants remis à l'épreuve — dont la formulation est trop précise pour être neutre. Plus singulière encore est la dernière phrase du jugement, où le père réfute l'accusation portée contre lui : la parabole ne justifie pas seulement la sévérité de Dieu, elle le montre se défendant devant l'assemblée. Aucune parabole synoptique du même type ne va jusque-là.

Résonances bibliques

  • Luc 19, 11-27 — la parabole des mines : là aussi, chacun reçoit le même capital, contrairement aux talents de Matthieu répartis inégalement. C'est le parallèle le plus proche.
  • Matthieu 25, 14-30 — les talents. Le serviteur qui n'a rien fait par peur, et qui rejette la faute sur la dureté du maître, se trouve ici scindé en deux personnages : les indolents honteux et les fils qui maudissent.
  • Matthieu 25, 31-46 — la droite et la gauche du jugement, reprises telles quelles dans la mise en scène.
  • Deutéronome 30, 15-19 et Siracide 15, 14-17 — la vie et la mort placées devant l'homme, avec l'injonction de choisir ; Dieu créa l'homme et le laissa à son propre conseil.
Parabole du roi qui envoie ses enfants dans le monde avec deux pièces (le temps et le libre arbitre) — Les paraboles de Jésus