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42Troisième année de vie publiqueChapitre 489Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole du roi puissant qui visite ses sujets

Troisième année de vie publique — Nobé, bourg perché d'où l'on aperçoit Jérusalem, quelques jours avant la Passion. Un vent de tempête se lève ; Jésus parle depuis le seuil de la cuisine d'un vieil homme, devant un village de femmes, d'enfants et de vieillards — et devant deux disciples cachés derrière un muret.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 489

Le récit

Un souverain gouverne un immense royaume depuis son palais. Ses sujets savent qu'il existe, ils reçoivent ses ordres et ses bienfaits par messagers, mais nul n'a jamais entendu sa voix ni appris sa langue. Faute de le connaître, on déforme ses lois — parfois par mauvais vouloir, souvent par simple incompréhension —, ce qui nuit à tout le monde et l'oblige à des sanctions qui ne corrigent rien et le font souffrir plus qu'elles ne font souffrir. Il prend donc la décision de descendre : il ira lui-même, il parlera lui-même.

Son arrivée bouleverse le pays. Certains se réjouissent, d'autres s'effraient, d'autres encore s'irritent ou le haïssent. Il va vers tous sans se lasser, explique, écoute, secourt. Quelques-uns finissent par l'aimer ; beaucoup restent ce qu'ils étaient.

C'est alors que se produit l'accident véritable, et il vient des meilleurs. Ceux-là l'aiment, mais il vient de trop loin : sa langue est neuve, ses volontés ne ressemblent pas aux leurs. À force de mal comprendre, ils lui font du mal — sans malice, par incapacité. Et quand ils s'en aperçoivent, ils disparaissent. Ils cessent de venir, de peur des reproches. Le roi, lui, lit dans leur cœur et les appelle chaque jour. Sa plainte n'est pas qu'on l'ait blessé : c'est qu'on le craigne, ce qui prouve qu'on ne l'a reconnu ni comme roi ni même comme ami. Ce que la joie d'aimer ne leur avait pas fait comprendre, la douleur de l'avoir fait souffrir le leur a enfin rendu clair : qu'ils reviennent donc, puisque la séparation le fait souffrir plus qu'eux.

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même.

Il ne laisse aucune marge à l'interprétation et passe du récit à son sens dans la même phrase :

« De même, Dieu s'adresse aux pécheurs et c'est ainsi que le Sauveur relève ceux qui peuvent s'être trompés. »

EMV 489.4

Puis vient la question qui porte tout le poids du chapitre, et qui vise la fuite bien plus que la faute :

« Mais comment comprendre si, à la première erreur, on fuit le Maître ? »

EMV 489.4

La conclusion est une consigne pratique adressée à quiconque a péché et s'est repenti : ne pas se laisser abattre, revenir à la Source, qui brûle de se donner.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

La parabole avait deux auditeurs. Elle est prêchée à un village, mais dès qu'il se disperse, Manahen et Timon sortent de derrière le muret : deux disciples égarés par ceux qui rêvaient d'un Messie politique, et qui n'osaient plus reparaître. Ils ont donc entendu, avant de s'approcher, le portrait exact de leur propre situation. Rien dans le texte ne dit que Jésus les savait là — mais la scène des retrouvailles suit immédiatement, et il leur dit les aimer plus qu'avant :

« Maintenant vous êtes guéris de toute humanité dans votre amour pour moi. »

EMV 489.5

Un détail qui déplace la figure royale. Le roi de la parabole prie l'Éternel de retrouver ses sujets perdus. Le souverain n'est donc pas simplement l'image de Dieu : c'est celle du Fils venu habiter parmi les hommes, qui intercède pour eux. La parabole raconte l'Incarnation du dedans.

La tempête qui suit. À peine les deux hommes rentrés, la tornade éclate ; Jésus sort dans les rafales et les fait tomber d'un mot. Le village est épargné, seule s'écroule une maison abandonnée, tandis que les hommes revenus de Jérusalem racontent la ville disparaissant sous la poussière. Le narrateur note avec ironie combien les récits enflaient — et remarque qu'ils préfiguraient déjà ceux du Vendredi saint.

Résonances bibliques

  • Philippiens 2, 6-7 — celui qui, étant de condition divine, s'est dépouillé : le mouvement même du roi quittant son palais.
  • Jean 1, 11 — « Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu. »
  • Genèse 3, 8-10 — Adam qui se cache après la faute, et à qui Dieu demande où il est : le premier de tous ces sujets qui fuient par peur.
  • Luc 5, 8 — Pierre suppliant Jésus de s'éloigner parce qu'il est pécheur ; le réflexe que la parabole entreprend de démonter.
  • Luc 2, 29-35 — le cantique de Siméon, que le vieil hôte reprend à son compte au début du chapitre, glaive et signe de contradiction compris.
Parabole du roi puissant qui visite ses sujets — Les paraboles de Jésus