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55Première année de vie publiqueChapitre 65Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole du printemps et des fruits

Première année de vie publique — Bethsaïde, sur la grève, devant la maison de Simon-Pierre ; c'est l'aube de la prédication, et l'entretien s'achèvera par la pêche miraculeuse et l'appel des quatre premiers apôtres. Un figuier pousse contre le mur de la maison.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 65

Le récit

La parabole est double : une saison, puis un arbre précis.

Le printemps. Quand tout est en fleurs, l'homme des champs se réjouit : « Il y aura beaucoup de fruits. » Mais du mois des fleurs à celui des fruits, que de jours à traverser — le vent, la pluie, le soleil, les bourrasques. Et s'y ajoutent la guerre, la cruauté des puissants, les maladies des plantes, voire la maladie du cultivateur lui-même. Alors plus personne ne déchausse, ne butte, n'arrose, ne tuteure, ne sarcle. « Les arbres qui promettaient beaucoup de fruits se rabougrissent et meurent tout à fait ou bien perdent leur récolte. »

Le figuier de Pierre. Jésus le désigne du doigt. Celui qui l'a planté a mal choisi sa place : contre un mur humide, exposé au nord. Il aurait dû mourir. Mais il ne l'a pas fait — il a cherché le soleil et la lumière par lui-même.

« Et le voilà tout courbé, mais solide et fier qui, dès l'aurore, boit le soleil et s'en fabrique de la sève pour ses centaines de fruits tellement sucrés. Il s'est défendu tout seul. »

EMV 65.1

Et Jésus lui prête un raisonnement : « Le Créateur m'a voulu pour donner à l'homme joie et nourriture. Je veux associer ma volonté à la sienne ! »

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, et elle est double, comme le récit.

Sur le printemps, l'application est immédiate et sans illusion :

« Vous me suivez. Vous m'aimez. Comme les plantes au printemps, vous vous parez de bonnes intentions, d'affectueux sentiments. […] Mais écoutez. Tel la brûlure de la sécheresse, Satan viendra vous dessécher de son souffle envieux. Puis arrivera le monde dont le vent glacial gèlera vos fleurs. »

EMV 65.1

Suit la question qui fait le pivot : tout sera-t-il perdu quand le cultivateur ne sera plus là ? Et Jésus dit ce qu'il sera devenu — « tel l'agriculteur malade, plus que malade : mort ». La réponse est non, à une condition : « Vous connaîtrez croissance et maturation, si vous faites bonne garde. »

Sur le figuier, l'argument est a fortiori, et il pique :

« Un figuier ! Une plante muette ! Sans âme ! Et vous, qui êtes fils de Dieu, fils de l'homme, serez-vous inférieurs à cet arbre ? »

EMV 65.1

Puis la consigne, sous forme de quatre impératifs qui se rejoignent en une seule personne : « Recherchez la lumière. Recherchez le soleil. Recherchez la force. Recherchez la vie. Je suis la Vie, la Force, le Soleil, la Lumière de celui qui m'aime. »

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Une parabole de mauvais augure, à l'aube du ministère. Nous sommes au tout début : les apôtres ne sont pas encore appelés, le figuier appartient à un pêcheur qui n'a pas encore quitté sa barque. Et le premier grand enseignement porte sur ce qui va faner. Jésus n'ouvre pas sur la promesse mais sur le calendrier des intempéries — et annonce sa propre mort dans une incise, « plus que malade : mort », que nul ne relève.

Le mal-planté qui se sauve. Le figuier n'a pas été bien mis en terre : c'est une faute du planteur, pas de l'arbre. La parabole ne demande donc pas d'avoir reçu de bonnes conditions, mais de faire avec celles qu'on a. « Tout courbé, mais solide » : la difformité est le prix de la survie, et Jésus la donne en exemple sans la déplorer.

Associer sa volonté à celle du Créateur. C'est la formule que Jésus prête à l'arbre, et elle est théologiquement dense pour une plante : la créature ne se contente pas de subir sa destination, elle y coopère. Dit à des hommes qui vont être appelés dans les minutes qui suivent, cela définit d'avance ce que sera leur vocation — non pas être placés, mais chercher.

Une image que Jésus reprendra en sens inverse. Le figuier de Bethsaïde se courbe pour porter « des centaines de fruits tellement sucrés ». Trois ans plus tard, à quelques jours de la Passion, Jésus cherchera des figues sur un arbre couvert de feuilles et n'en trouvera aucune ; il le maudira. Le corpus s'ouvre et se ferme sur deux figuiers opposés — celui qui a voulu vivre, et celui qui n'a que du feuillage.

Résonances bibliques

  • Jean 15, 1-8 — « Je suis la vigne, vous êtes les sarments » : le Père vigneron, l'émondage et l'exigence du fruit.
  • Marc 11, 12-14. 20-21 — le figuier stérile maudit : le contrepoint exact de celui-ci.
  • Matthieu 13, 20-21 — le terrain pierreux, où la parole lève aussitôt avec joie mais se dessèche « dès que vient la tribulation ».
  • Psaume 1, 3 — l'homme planté près des cours d'eau, « qui donne son fruit en sa saison et dont le feuillage ne se flétrit pas ».
  • Jean 8, 12 — « Je suis la lumière du monde », et Jean 14, 6 — « Je suis le chemin, la vérité et la vie » : les identifications que Jésus énumère ici en série.
  • Philippiens 2, 12-13 — « Travaillez à votre salut… car c'est Dieu qui opère en vous » : la coopération que le figuier illustre.
Parabole du printemps et des fruits — Les paraboles de Jésus