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19Deuxième année de vie publiqueChapitre 268Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole du noyau dur qui germe en terre (les noix)

Deuxième année de vie publique — Capharnaüm, sur la terrasse, à l'ombre de la tonnelle, devant les seuls apôtres. Jésus vient de passer une semaine à Chorazeïn, à l'établi d'un menuisier mort subitement, pour achever ses commandes et sauver de la misère sa veuve et ses cinq enfants. En l'apprenant, la majorité des Douze proteste.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 268

Le récit

Jésus emprunte à un enfant la noix qu'on venait de lui donner, en prévenant que ce n'est pas le meilleur exemple : il faudrait songer aux noyaux vraiment durs, ceux des pignons, des palmiers, des olives.

Que sont ces objets ? Des étuis clos, sans la moindre fente, d'un bois si compact qu'on dirait des coffrets dont seule la violence viendrait à bout : il faut un marteau, et frapper fort. Pourtant, qu'on en jette un à terre et qu'un passant l'enfonce du talon juste assez pour l'engager dans le sol, l'enveloppe cède toute seule et il en sort une plante enracinée.

Aucune magie là-dedans. À l'intérieur se trouve une pulpe — chose bien faible auprès de la coque — et cette pulpe en nourrit une plus petite encore : le germe. C'est lui qui gonfle, fait levier et ouvre.

Jésus propose alors une vérification que chacun peut mener : semer une poignée de noyaux, constater que certains lèvent et d'autres non, puis déterrer les stériles et les briser au marteau. On les trouvera à demi vides. Ce n'est donc ni l'humidité ni la chaleur qui ouvrent la coque.

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même.

L'application vient sans intervalle. Le noyau dur est le corps ; la pulpe, l'âme ; le germe, ce que le Maître y a déposé — fait de plusieurs éléments, mais dont le principal est la charité. C'est elle qui fait levier, libère l'esprit de la matière et l'unit à Dieu. Et la leçon est un reproche, adressé à ceux qui viennent de désapprouver une semaine de rabotage :

« On ne fait pas seulement la charité en paroles ou par de l'argent. On fait la charité avec la seule charité. »

EMV 268.6

Le point de départ était d'ailleurs sans équivoque. Chorazeïn, qui n'a rien fait pour cette famille, est déclarée « un noyau compact et qui est dépourvu de germe » (EMV 268.5) ; l'exhortation qui suit demande aux apôtres de n'être pas, eux au moins, de ceux-là.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Tout le chapitre tient dans un marteau. L'objet revient trois fois en changeant de sens. Le marteau qu'il faudrait pour ouvrir un noyau de l'extérieur, et dont le germe rend l'usage inutile. La doctrine, décrite plus loin comme un maillet qui brise l'écorce dure pour libérer l'esprit. Et le marteau réel, celui de l'établi de Chorazeïn, que les apôtres jugent indigne de leur Maître.

Une parabole qui se soumet à l'expérience. Jésus ne demande pas ici de déchiffrer une image, il propose un protocole : semez, attendez, ouvrez les échecs, regardez. La comparaison ne repose pas sur une convenance poétique mais sur une observation que l'auditeur peut refaire chez lui — et dont la conclusion, l'ouverture vient de l'intérieur, est le point théologique lui-même.

L'auditoire est le sujet du reproche. Celle-ci n'est pas dite à une foule mais aux Douze, et contre eux : Jésus observe crûment que les pharisiens ne manquent pas parmi ceux qui l'entourent. À ces apôtres scandalisés, il oppose deux témoins muets — un disciple qui n'a pas rougi de venir dans la sciure, et un enfant privé de son père qui l'a reconnu sans rien savoir du Messie.

Résonances bibliques

  • Jean 12, 24 — « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. » Même semence qui ne donne qu'en cédant sur elle-même. À rapprocher de Marc 4, 26-29, la graine qui pousse sans que l'homme sache comment.
  • Jacques 2, 15-17 — au frère nu et sans nourriture, on souhaite d'aller en paix et de se rassasier sans rien lui donner : la foi sans les œuvres est morte. Commentaire exact de ce que Jésus reproche à Chorazeïn.
  • 1 Corinthiens 13, 1-3 — sans la charité, l'éloquence, la science et jusqu'au sacrifice ne sont rien. Le germe fait principalement de charité dit cela en langage botanique.
  • Matthieu 11, 28-30 — « Venez à moi, vous tous qui peinez… mon joug est doux et mon fardeau léger. » Le chapitre s'achève sur une version longue de cette invitation, greffée sur la parabole.
Parabole du noyau dur qui germe en terre (les noix) — Les paraboles de Jésus