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79Deuxième année de vie publiqueChapitre 266Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole des enfants sur la place publique

Deuxième année de vie publique — Les disciples de Jean-Baptiste sont venus s'assurer que Jésus est bien le Messie ; Jaïre, chef de la synagogue, est présent, ainsi que sa fille, une enfant. On vient de demander tout haut si Jean sera dans le Royaume.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 266

Le récit

Jésus a d'abord répondu sur Jean — il est déjà du Royaume, il y sera « comme un des soleils les plus brillants », parce qu'il a été violent envers lui-même pour un but saint. Puis il a désigné Jean comme l'Élie qui devait revenir, et lancé l'appel habituel : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

Alors vient la comparaison, sous forme de question :

« À quoi comparerai-je cette génération ? Elle ressemble à ces gamins qui, assis sur la place, interpellent leurs compagnons : “ Nous avons joué de la flûte et vous n'avez pas dansé ; nous avons entonné des lamentations et vous n'avez pas pleuré. ” »

EMV 266.12

Et Jésus donne aussitôt les deux airs qui n'ont pas été suivis. Jean est venu, qui ne mange ni ne boit — et l'on dit : « S'il peut agir ainsi, c'est que le démon l'aide. » Le Fils de l'homme est venu, qui mange et qui boit — et l'on dit : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs. »

« Ainsi la Sagesse voit ses enfants lui rendre justice ! »

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, en une phrase qui désigne les seuls auditeurs valables.

« En vérité, je vous le dis, seuls les tout-petits savent reconnaître la vérité parce qu'il n'est pas de malice en eux. »

EMV 266.13

La leçon ne porte pas sur l'erreur de jugement mais sur son mécanisme : la génération accusée ne se trompe pas faute d'indices, elle refuse successivement deux choses opposées. L'austère est démoniaque, le convivial est débauché. Aucune conduite ne peut satisfaire à la fois les deux griefs — ce qui prouve que le grief précède la conduite.

Jaïre le confirme sur-le-champ, et applique la parabole à sa propre ville. Un habitant de Bethsaïde proteste : nous sommes ici, nous sommes fidèles ! Jaïre fait le compte :

« Oui, nous ! Mais combien sommes-nous ? Moins de cent sur trois villes qui devraient être aux pieds de Jésus. »

EMV 266.13

La moitié des absents est hostile, un quart indifférent ; du dernier quart, il préfère penser qu'il ne pouvait pas venir.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Les enfants de la parabole ne jouent pas : ils reprochent. C'est ce qui rend l'image si juste. Ces gamins assis sur la place ne dansent ni ne pleurent eux-mêmes — ils constatent que les autres n'ont pas suivi leur musique. Le grief est celui de spectateurs qui exigent qu'on se règle sur eux, et qui appellent cela un jugement.

La malice est présentée comme un organe de perception défectueux. Non pas « les petits sont plus gentils », mais « ils reconnaissent la vérité parce qu'il n'est pas de malice en eux ». La malice n'empêche pas d'être bon : elle empêche de voir. Jaïre le vérifie immédiatement sur sa propre fille — « encore sans malice, elle te voit tel que nous n'arrivons pas à te voir » — et l'on notera qu'il parle d'une enfant que Jésus a ressuscitée.

Le bien reçu devient le combustible de la haine. La phrase de Jaïre est la plus dure du passage : « le bien que tu leur fais y fermente en haine contre toi ». Ce n'est pas l'indifférence qui est décrite, c'est une transformation active — le bienfait ne laisse pas neutre, il aggrave. Ce qui donne à la parabole des enfants boudeurs une portée bien plus sombre qu'un simple caprice.

Un compte rendu chiffré, tenu par un notable. Moins de cent fidèles sur trois villes. Le chef de la synagogue de Capharnaüm dresse lui-même le bilan de l'échec local, en pourcentages, devant celui qui a ressuscité sa fille. La statistique est plus accablante que la parabole qu'elle illustre.

Résonances bibliques

  • Matthieu 11, 16-19 · Luc 7, 31-35 — le passage parallèle, avec le même jeu d'enfants et les deux reproches contradictoires adressés à Jean et à Jésus.
  • Matthieu 11, 12-14 — « Depuis Jean-Baptiste, le Royaume des cieux est forcé, et les violents s'en emparent », suivi de « c'est lui l'Élie qui doit venir » : Jésus dit ici les deux dans le même ordre.
  • Matthieu 11, 25 — « Tu as caché cela aux sages et aux habiles, et tu l'as révélé aux tout-petits. »
  • Matthieu 18, 3 — « Si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume. »
  • Matthieu 11, 20-24 — les malédictions contre Chorazeïn, Bethsaïde et Capharnaüm : les trois villes dont Jaïre fait précisément le compte.
  • Sagesse 2, 12-15 — le juste dont la seule vue est un reproche et qu'on décide d'éliminer pour cela.
Parabole des enfants sur la place publique — Les paraboles de Jésus