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97Troisième année de vie publiqueChapitre 430Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole du nid tombé

Troisième année de vie publique — Un chemin boisé entre deux villages, un jour de sabbat. Jésus a entendu quelque chose, quitté la route, cherché dans un taillis, et trouvé dans l'herbe un nid tombé : cinq oisillons de quelques jours, rouges, sans plumes, le bec grand ouvert, tandis que les parents crient de désespoir dans l'arbre. Il ramasse le nid et le remet en place. Un groupe d'hommes l'observait.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 430

Le récit

Le sourire quitte le visage de Jésus, « si heureux quand il a vu le nid en place ». Le groupe lui barre le chemin. Pierre veut faire écarter les gens ; un homme le rembarre : « Tais-toi, nazaréen. Comment ton Maître s'est-il permis d'entrer dans mon bois et d'y accomplir un travail manuel un jour de sabbat ? »

C'est Yokhanan ben Zacchaï, un scribe illustre, propriétaire du lieu. Jésus lui demande trois fois s'il connaît le Deutéronome. « C'est à moi que tu demandes cela ? À moi, qui suis un vrai rabbi d'Israël ? » — « À la lettre… certainement. Mais connais-tu son véritable sens ? » — « Ce qui est écrit, est écrit. Il n'y a qu'un sens. »

Alors Jésus cite trois prescriptions, dans l'ordre. La brebis ou le bœuf égaré d'un frère, qu'on ne peut pas laisser passer. L'âne ou le bœuf tombé, qu'il faut aider à relever. Et le nid trouvé à terre ou sur un arbre, dont on ne prendra jamais la mère, « car elle est consacrée à la procréation ».

« J'ai vu par terre un nid, et une mère qui pleurait sur lui. J'en ai eu pitié, parce que c'était une mère et je lui ai rendu ses petits. Je n'ai pas cru avoir violé le sabbat pour avoir consolé une mère. »

EMV 430.3

Et il pousse l'argument un cran plus loin : Dieu a créé cette mère pour procréer, elle obéissait donc à un commandement divin ; l'empêcher d'élever ses petits, c'était « faire obstacle à son obéissance à un commandement de Dieu ».

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, sous forme de retournement de l'accusation.

Le violateur du sabbat, c'est l'accusateur — et trois fois plutôt qu'une :

« Vous violez deux et même trois fois le sabbat, en rabaissant la Parole divine à la petitesse de la mentalité humaine, en faisant obstacle à un ordre de Dieu, en manquant de miséricorde envers votre prochain. »

EMV 430.3

Avec cette remarque, qui est la plus fine du passage : « Pour blesser par un reproche, vous n'estimez pas qu'il est mal de parler sans qu'il en soit besoin. Cela, qui est pourtant un travail et qui n'est ni utile, ni nécessaire, ni bon, ne vous paraît pas violer le sabbat. » Reprocher est un travail. Sauver n'en est pas un.

Puis vient la prophétie, qui donne au chapitre son titre — le nid tombé et le scribe cruel :

« Aujourd'hui, tu n'as pas pitié d'une fauvette à tête noire […]. Demain, de la même manière, tu n'auras pas pitié d'une mère, et tu la feras mourir de douleur en faisant périr sa descendance, sous prétexte qu'il est bon qu'il en soit ainsi par respect pour ta loi — pour la tienne, pas pour celle de Dieu. »

EMV 430.4

Et l'adieu, qui ne laisse aucun doute sur ce qui est annoncé : « Souviens-toi de cette heure et veille à ne pas violer un autre sabbat par complaisance envers un crime accompli. »

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Le geste précède la controverse, et il est gratuit. Personne ne regardait — Jésus croit être seul. Il quitte la route parce qu'il a entendu quelque chose, cherche, se penche, ramasse. Le texte laisse même ouverte l'hypothèse que le nid a été décroché par un homme surpris en train de voler la couvée. La charité est ici accomplie sans témoin et sans profit ; c'est ce qui rend l'accusation obscène.

Le débat porte sur la lecture, pas sur le sabbat. « Ce qui est écrit, est écrit. Il n'y a qu'un sens. » Jésus concède : oui, il n'y a qu'un sens — mais c'est « un sens d'amour, ou de miséricorde si tu ne veux pas l'appeler amour, ou même, si cela te choque de lui donner ce nom, de simple humanité ». Il descend par trois fois le niveau du mot pour trouver celui que son adversaire acceptera. Le scribe n'en prendra aucun.

Une loi retournée contre son gardien. Yokhanan invoque la Loi ; Jésus lui oppose trois versets du Deutéronome que le scribe est censé connaître mieux que lui. L'homme n'a rien à répondre — le texte ne lui prête plus une parole après « il n'y a qu'un sens ». Il ne reste que « le vieil homme enflammé de colère » et le regard foudroyant qui le toise.

Ce que la mère aurait perdu, la Loi l'interdisait. Le Deutéronome protège précisément la mère du nid. En la laissant crier au-dessus de ses petits à terre, le propriétaire du bois enfreignait donc la lettre même dont il se réclame. Jésus n'a pas dérogé au texte : il l'a appliqué.

« Les faibles trouvent toujours un sauveur. » La phrase clôt l'argument, et elle est faite pour être entendue à deux niveaux : les oisillons ont trouvé le leur ce jour-là, et le mot désigne aussi celui qui parle. La suite — « les orgueilleux seront broyés par le poids même de leur loi pesante » — est le seul moment où Jésus élève la voix de tout le chapitre.

Résonances bibliques

  • Deutéronome 22, 1-7 — les trois prescriptions citées par Jésus : la bête égarée, la bête tombée, et la loi du nid où l'on doit laisser aller la mère.
  • Matthieu 12, 11-12 — « Qui d'entre vous, si sa brebis tombe dans une fosse le jour du sabbat, n'ira la prendre ? Or, combien un homme ne vaut-il pas plus qu'une brebis ! »
  • Luc 13, 15-16 — « Hypocrites ! Chacun de vous ne détache-t-il pas son bœuf ou son âne pour le mener boire, le jour du sabbat ? »
  • Marc 2, 27 — « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat. »
  • Osée 6, 6 — « C'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice. »
  • Matthieu 23, 4 — « Ils lient des fardeaux pesants et les mettent sur les épaules des hommes » : « le poids même de leur loi pesante ».
  • Matthieu 10, 29 — « Pas un passereau ne tombe à terre sans votre Père. »
Parabole du nid tombé — Les paraboles de Jésus