Parabole du bois verni
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 434
Le récit
Ni personnages ni intrigue : la parabole est un geste commenté à mesure qu'il s'exécute. Simon, qui n'a jamais tenu un pinceau, demande quoi peindre ; Jésus lui désigne l'escalier du jardin et pose d'emblée la clé — le texte parle de peinture plutôt que de vernis, mais l'idée est celle d'un revêtement qui embellit et protège à la fois.
« C'est comme la protection et l'embellissement des vertus sur le cœur de l'homme. »
EMV 434.3
Suit une leçon de métier. Préparer le mélange : un récipient net de tout résidu ancien, de bonnes huiles, de bonnes couleurs, une patience obstinée jusqu'à dissolution du dernier grumeau. Choisir le pinceau : des soies ni trop dures ni trop molles, qui ne tombent pas, sans trace de couleur ancienne. Préparer le support : gratter aspérités, croûtes et boue — rien de l'ancien ne doit rester sous le neuf.
Puis l'application, toujours dans le même sens. Le bois n'est pas uniforme : les nœuds sont lisses mais repoussent la couleur, les parties tendres la boivent aussitôt mais cloquent. Sur les uns il faut repasser, les autres demandent d'être poncées. Et dans un escalier rapiécé, il faut accorder la marche neuve aux anciennes pour que la réparation ne se voie pas.
Thomas objecte qu'il vaudrait mieux commencer par le haut. Non : le bas est le plus exposé, il exigera plusieurs couches, et l'on peint le haut pendant que la première sèche. Reste le risque de se tacher — et la réponse est une des plus fines du chapitre : on serre ses vêtements et on se tient à l'écart,
« Ce n'est pas par dégoût de la peinture, mais pour ne pas abîmer la peinture »
EMV 434.4
La morale
● Énoncée par Jésus lui-même.
Elle l'est terme à terme, sans qu'aucun élément reste à décoder. Les vertus recouvrent l'homme comme la peinture le bois et le préservent des vers, de la pluie, du soleil trop dur — autrement dit des passions et de la dissipation ; laissées à s'écailler, elles abandonnent la chair et l'esprit nus, bons pour le feu. Le pinceau est la volonté, qu'aucune inclination antérieure ne doit teinter. Les nœuds sont les concupiscences : rabotées, jamais détruites, elles paraissent couvertes sous une pellicule qui saute au premier choc. Deux avertissements encadrent l'ensemble : ni dureté ni indulgence excessives, et pas d'excès de zèle, car une couche trop chargée s'écaille.
La seconde moitié quitte le travail sur soi pour le travail sur autrui : chez les convertis, le vieux et le neuf coexistent — Juifs passant de Moïse au Christ, païens dont les croyances remontent par nostalgie. Il faut fondre l'ancien dans le nouveau et se servir des forces déjà là : le patriotisme et le courage viril des Romains sont à réorienter, non à briser.
« Des coutumes, faites des moyens de pénétration. Ne détruisez pas avec violence. »
EMV 434.5
Et l'ordre des opérations vaut aussi pour les âmes : commencer par le bas, c'est-à-dire par la chair et les sens, parce que c'est par eux que tout le reste entre.
Pistes de lecture
○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.
Une parabole sans récit. Le genre est poussé à sa limite : pas de roi, pas de fils, pas de vigne — seulement une opération manuelle expliquée par celui qui la fait à un débutant qui l'observe. C'est Simon qui nomme la chose « parabole ». On tient là la forme la plus dépouillée du procédé : non plus une histoire à transposer, mais un geste dont le sens spirituel est délivré dans le même souffle que le conseil technique.
Un manuel de mission avant la mission. Le passage sur les Romains formule en quelques lignes un principe que l'histoire de l'évangélisation mettra des siècles à discuter : ne pas raser la culture d'accueil, mais réemployer ses forces vives. Le conseil donné à Thomas quelques instants plus tôt — être orfèvre pour les maîtresses et maître pour leurs esclaves — l'applique déjà au métier de celui qui l'écoute.
Les nœuds, vérifiés dans l'heure. Le chapitre se ferme sur une remarque que rien n'annonçait. Thomas et Simon s'émerveillent qu'Auréa progresse si vite, ayant Marie pour maîtresse — Satan lui-même ne résisterait pas à une telle éducatrice. Jésus soupire : certains hommes résistent plus que Satan, et il en est qui vivent auprès d'elle, instruits par elle, sans parvenir à s'améliorer. Aucun nom n'est prononcé. Le bois qui repousse la couleur, si lisse soit-il, vient de recevoir son illustration.
(Le même chapitre contient deux autres images, données par Marie à Auréa — la farine et la toile —, qui font l'objet d'une fiche distincte.)
Résonances bibliques
- Luc 5, 36-39 ; Marc 2, 21-22 — la pièce d'étoffe neuve sur un vieux vêtement, le vin nouveau dans de vieilles outres. La formule employée ici, selon laquelle on ne mêle pas l'ancien et le neuf, en est l'écho direct.
- Éphésiens 4, 22-24 — se dépouiller du vieil homme et revêtir l'homme nouveau : le vocabulaire du revêtement est celui même de la parabole.
- Matthieu 23, 27 — les sépulcres blanchis : la couche qui n'adhère qu'en surface est exactement ce qu'il ne faut pas confondre avec la vertu.
- Actes 17, 22-23 et 1 Corinthiens 9, 19-22 — Paul partant de l'autel athénien au « dieu inconnu », et se faisant tout à tous : la méthode recommandée ici à Thomas et à Simon.
Passages cités : Maria Valtorta, L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 434 — © Centro Editoriale Valtortiano. Le texte intégral est disponible aux éditions du CEV.