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26Troisième année de vie publiqueChapitre 338Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole du figuier stérile

Troisième année de vie publique — Sur la route montante de Séphet, au pont d'un torrent, entre Jésus et les douze apôtres qui viennent de le rejoindre après une mission en binômes. La conversation porte sur Chorazeïn, ville qui s'endurcit.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 338

Le récit

Un homme fortuné possède une vigne étendue où poussent aussi des figuiers d'espèces variées. Un serviteur en a la charge : ouvrier compétent, qui travaille par attachement à son maître autant qu'aux arbres eux-mêmes. Chaque été, le propriétaire vient voir mûrir sa récolte et cueille lui-même ce qu'il goûte.

Un jour il s'approche du seul figuier de sa variété la plus fine. Comme les deux étés précédents, il ne trouve que du feuillage. Sa conclusion tombe : l'arbre ne produira jamais rien, il occupe la place et coûte du travail pour rien ; qu'on le scie, qu'on le brûle, qu'on arrache jusqu'aux racines et qu'on replante — quelques années suffiront à obtenir des fruits d'un sujet neuf.

Le vigneron ne conteste pas le raisonnement. Il demande seulement un délai d'un an : au lieu de la scie, il redoublera de soins, ouvrira la terre autour du tronc, apportera du fumier, taillera. Si cette dernière tentative échoue, il exécutera l'ordre lui-même.

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même.

L'application est donnée dans la phrase qui suit immédiatement le récit, sans détour ni délai :

« Chorazeïn, c'est le figuier stérile. Moi, je suis le bon Cultivateur, et vous, vous êtes le riche impatient. »

EMV 338.6

La parabole naît d'une objection. Les apôtres, excédés par l'hostilité des notables de Chorazeïn, proposent d'abandonner la ville ; Jésus refuse au nom d'une semence enfouie sous des mottes trop dures, qui mettra du temps mais finira par percer — et il pose la règle : on ne dépose pas les armes aux premiers échecs. La leçon vise donc moins l'arbre que ceux qui voudraient le couper.

Mais le chapitre va plus loin. Simon le Zélote fait remarquer que l'histoire n'a pas de fin et réclame la suite. Jésus la donne sèchement : l'arbre n'a rien produit et il a été abattu — le vigneron se trouvant justifié, ayant tout tenté. C'est le vrai objet de la parabole : non pas la clémence indéfinie, mais le droit de trancher, une fois seulement que rien n'a été négligé. Jésus s'applique à lui-même cette justification pour ceux qu'il devra retrancher de sa vigne.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Les rôles sont redistribués. La lecture traditionnelle du passage de Luc met Dieu à la place du propriétaire impatient et le Christ à celle de l'intercesseur. Ici, le propriétaire n'est pas le Père : ce sont les apôtres. Le reproche d'impatience change de destinataire — il ne s'agit plus d'apaiser la justice divine, mais de contenir la lassitude des envoyés.

La fin qui manque à Luc. Le récit évangélique s'arrête sur le sursis, laissant l'issue ouverte ; beaucoup de commentaires y voient une invitation à l'espérance. Le chapitre 338 referme la porte : l'arbre a été coupé. L'espérance n'y est pas supprimée, elle est datée.

Le figuier au bout du chemin. La parabole est prononcée quelques instants avant que Jésus ne prenne Judas à part sur la route, dans le soir. Il lui parle à mots couverts du retour possible après la faute, puis demande directement à qui il s'adresse. La réponse de Judas retourne l'accusation contre celui qui parle.

« Pourquoi n'y a-t-il aucun repentir en toi, mais seulement de la haine contre Dieu, comme si c'était lui le coupable de ton péché ? »

EMV 338.8

Résonances bibliques

  • Luc 13, 6-9 — le figuier planté dans la vigne, les trois années sans fruit, le vigneron qui obtient un an de sursis. Seul évangile à porter cette parabole, et sans conclusion.
  • Malédiction du figuier stérile — Mt 21, 18-19 ; Mc 11, 12-14. L'arbre couvert de feuilles et sans fruit y devient un acte, non un récit.
  • Chorazeïn — Mt 11, 21 ; Lc 10, 13. La ville est déjà, dans les synoptiques, celle sur laquelle tombe un « malheur à toi » : le chapitre montre ce qui a été tenté avant.
Parabole du figuier stérile — Les paraboles de Jésus