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84Troisième année de vie publiqueChapitre 337Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole de la résine et de l'artisan

Troisième année de vie publique — Chorazeïn, un jour de sabbat. Une gelée a ravagé les récoltes ; les habitants, qui ont refusé Jésus, l'écoutent cette fois — non par foi, dit-il, mais parce qu'ils soupçonnent que le châtiment vient de la dureté de leur cœur, et veulent réparer « pour votre bourse, pas pour votre âme ».
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 337

Le récit

Un riche, qui était sot, apporte à un artisan un gros bloc d'une matière « blonde comme le miel le plus fin », et lui commande d'en faire une fiole décorée.

« Cette matière ne se prête pas au travail », répond l'artisan. Elle est molle, élastique — comment la sculpter ? Mais le riche a payé au poids de l'or : c'est une résine précieuse, dit-il, un ami en a fait faire une petite amphore où le vin prend une saveur délicieuse ; il en veut une plus grande, « pour humilier ainsi mon ami qui vante la sienne ».

L'artisan cherche à comprendre. L'amphore de l'ami ne serait-elle pas en albâtre jaune ? Non. En ambre fin ? Non. Alors peut-être de la même matière, mais durcie « par l'effet des siècles ou le mélange avec d'autres substances » — demande-le-lui. Impossible : c'est l'ami lui-même qui la lui a vendue en certifiant qu'on l'emploie ainsi. « Dans ce cas, il t'a escroqué, pour te punir de l'envie que tu avais de sa belle amphore. » Menace immédiate : travaille, ou je te prends ton atelier.

Alors l'artisan essaie tout. Il en fait de la pâte : elle colle aux mains. Il tente des mastics et des poudres : la résine perd sa transparence dorée. Il l'approche du creuset : elle se liquéfie. Il envoie chercher de la neige gelée sur l'Hermon : elle durcit, elle est belle — mais ne se modèle plus. Au premier coup de ciseau, elle vole en éclats. Dernier essai : refondre les morceaux, congeler légèrement, travailler la masse à peine ramollie. Elle se laisse modeler, « certes, mais à peine le ciseau et la spatule enlevés, elle reprenait sa forme première, telle la pâte du pain gonflée dans le pétrin ».

L'homme s'avoue vaincu. Il charge de nuit sa femme, ses enfants, ses meubles et ses outils, et s'enfuit hors des frontières — laissant au milieu de l'atelier vide la masse blonde, avec un écriteau : « Impossible à travailler ».

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, qui prend aussitôt la place de l'artisan.

« J'ai été envoyé pour travailler les cœurs, pour y faire entrer la Vérité et le Salut. Il m'est venu dans les mains des cœurs de fer, de plomb, d'étain, d'albâtre, de marbre, d'argent, d'or, de jaspe, de gemmes. »

EMV 337.4

Des cœurs durs, sauvages, trop tendres, versatiles, endurcis par la souffrance, précieux — « toutes sortes de cœurs. Je les ai tous travaillés ». Certains l'ont blessé pendant qu'il les travaillait. Aucune matière n'est déclarée impossible en raison de sa nature : ni le fer ni le plomb ne le rebutent.

Le seul matériau qui résiste est celui qui reprend sa forme dès qu'on retire l'outil.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Le défaut n'est pas la dureté, c'est l'élasticité. C'est tout le renversement de la parabole. On attendrait que le cœur impossible soit le cœur de pierre ; il est mou. La résine accepte toutes les empreintes et n'en garde aucune. Appliqué à Chorazeïn, cela vise exactement des gens qui écoutent volontiers, approuvent, se repentent le temps d'une gelée — et redeviennent ce qu'ils étaient dès que la pression cesse.

L'artisan a tout essayé, et la liste est le sujet. Chaleur, froid, mastics, poudres, ciseau, spatule, refonte, congélation partielle : sept tentatives, dans les deux régimes opposés. La parabole ne raconte pas un échec par négligence, mais un échec par épuisement des moyens. C'est ce qui autorise la sentence finale — elle n'est pas prononcée d'avance.

Un commanditaire qui a été escroqué par envie. Le détail semble décoratif : le riche a payé cher une matière inutilisable, pour surpasser un ami dont il jalousait l'amphore. Il est donc l'auteur de son propre désastre, et l'artisan paiera pour lui. La sottise du riche et la vanité qui la cause encadrent toute l'histoire sans que Jésus les commente.

L'artisan fuit ; Jésus, non. C'est la différence que la parabole laisse deviner. Le pauvre homme abandonne son atelier de nuit pour échapper aux représailles ; celui qui raconte l'histoire restera, et « certains m'ont blessé pendant que je les travaillais ». Le récit décrit une démission dont l'orateur est incapable.

L'écriteau est un jugement, pas une insulte. « Impossible à travailler » n'accuse pas la résine de méchanceté : c'est un constat technique, laissé par un homme consciencieux à l'intention du client. Dit à une ville entière un jour de sabbat, c'est peut-être la formule la plus froide de tout le corpus.

Résonances bibliques

  • Ézéchiel 36, 26 — « J'ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » : ici, le problème est précisément l'inverse.
  • Jérémie 18, 1-6 — le potier et l'argile récalcitrante : la même situation d'atelier, avec un artisan qui, lui, recommence indéfiniment.
  • Osée 6, 4 — « Votre piété est comme la nuée du matin, comme la rosée qui de bonne heure se dissipe. »
  • Matthieu 11, 20-24 — les malédictions contre Chorazeïn : « Si les miracles faits chez vous l'avaient été à Tyr et à Sidon, il y a longtemps qu'elles se seraient repenties. »
  • Jacques 1, 23-24 — l'homme qui se regarde dans un miroir, s'en va, et oublie aussitôt comment il était.
  • Isaïe 49, 4 — « J'ai peiné en vain, c'est pour le néant et la vanité que j'ai usé ma force » : la plainte du serviteur devant un travail sans prise.
Parabole de la résine et de l'artisan — Les paraboles de Jésus