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99Troisième année de vie publiqueChapitre 514Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole du banquet et du bouquet de fleurs

Troisième année de vie publique — Sur un sentier caillouteux et boueux qui monte vers un village, après avoir quitté la voie romaine. Un jeune homme s'est détaché de la foule pour rejoindre Jésus : il voudrait le suivre, mais il a interrogé les disciples les uns après les autres, et chacun lui a dit autre chose. « Et j'étais incertain, presque épouvanté. »
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 514

Le récit

Le jeune homme a exposé son cas avec une lucidité désarmante : « Je suis un pauvre homme, Seigneur, et la perfection n'appartient qu'à Dieu. » Mais il a raisonné : si c'était impossible, ou si vouloir se comporter en dieux était le péché de Lucifer, Jésus ne le proposerait pas. Il doit donc exister une manière de le devenir sans pécher.

« Tu as raison. Et alors ? » — Alors il hésite encore, et Jésus lui nomme la cause : « c'est un piège du démon pour t'empêcher de venir. Il t'effraie par des fantômes, t'embrouille, te fait questionner des gens qui, comme toi, ont besoin de lumière. » Pourquoi n'être pas venu directement ? — Parce que « nos prêtres et rabbins sont si durs et orgueilleux ».

Le jeune homme croit avoir compris : la sainteté, c'est l'amour ; si j'ai la charité, je possède tout. Jésus corrige — « de cela, et des autres vertus » — et prend deux images.

Le banquet. Quand un riche donne un festin, commande-t-il un seul plat ? S'il couvrait ses tables de plats d'un seul mets, ses convives le jugeraient « un hôte incapable, qui se préoccupe seulement d'étaler ses possibilités d'achat sans montrer sa finesse de seigneur préoccupé des goûts divers de ses invités ».

Le bouquet. De même, une seule fleur, si grande soit-elle, ne fait pas un bouquet. Il en faut de nombreuses, dont « les couleurs et les parfums variés charment l'œil et l'odorat, et font louer le Seigneur ».

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, en gardant la hiérarchie que le jeune homme avait devinée.

« La sainteté, que nous devons considérer comme un bouquet de fleurs offert au Seigneur, doit être composée de toutes les vertus. Dans une âme, c'est l'humilité qui prédominera, dans une autre la force, dans une autre la continence, ou la patience […] toutes vertus nées à l'ombre de la plante royale et magnifiquement parfumée de l'amour, dont les fleurs domineront toujours dans le bouquet. »

EMV 514.5

La charité n'est donc pas une vertu parmi d'autres : elle est la plante à l'ombre de laquelle les autres poussent, et elle domine toujours dans la gerbe. Mais elle ne suffit pas à faire un bouquet.

Le jeune homme demande une méthode : et ensuite ? laquelle cultiver après ?

« Il n'y a pas de méthode, mon fils. Si tu aimes le Seigneur, il t'accordera ses dons, c'est-à-dire se communiquera à toi, et alors les vertus que tu essaies de rendre robustes croîtront sous le soleil de la grâce. »

EMV 514.5

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Une parabole contre les conseilleurs. Ce qui a paralysé ce garçon n'est pas la difficulté de la sainteté : c'est la multiplicité des réponses reçues. Chacun lui a présenté sa vertu comme la condition — « avec plus ou moins d'intransigeance ». La parabole du bouquet est la réfutation exacte de ces conseils : ils avaient tous raison séparément, et tous tort de croire que leur fleur suffisait.

La sainteté est un assortiment, pas une performance. L'image du banquet déplace la question. Le mauvais hôte n'est pas celui qui donne peu, c'est celui qui donne beaucoup d'une seule chose — il « étale ses possibilités d'achat » sans s'occuper des goûts de ses invités. Appliqué à la vie spirituelle, cela vise la spécialisation orgueilleuse : entasser une vertu unique, c'est une manière de faire étalage.

Deux images pour deux directions. Le banquet est offert aux hommes — on y sert des invités aux goûts divers. Le bouquet est offert à Dieu — c'est un hommage. La sainteté est donc décrite dans les deux sens : ce qu'elle donne au prochain, et ce qu'elle rend au Seigneur. Jésus ne commente pas ce doublement.

« Il n'y a pas de méthode. » La réponse est catégorique et elle contredit tout ce que le jeune homme cherchait depuis des semaines : une liste, un ordre, une marche à suivre. Ce qu'il obtient est un principe de croissance — aimer, et laisser le reste pousser « sous le soleil de la grâce ». Ce qui suppose de renoncer à la maîtrise du calendrier.

Le contraste avec les soldats. Quelques instants plus tôt, un détachement romain a bousculé les passants en marche encadrée, sous les insultes, et Jésus s'est rangé pour les laisser passer en les regardant avec douceur ; leurs visages fermés se sont éclairés « d'une esquisse de sourire respectueux ». Puis vient un garçon terrorisé par les prêtres « si durs et orgueilleux ». Le texte place côte à côte deux manières d'aborder les gens, sans les rapprocher.

Résonances bibliques

  • 1 Corinthiens 13, 13 — « La plus grande des trois, c'est la charité » : la fleur qui domine le bouquet.
  • Galates 5, 22-23 — « Le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi » : l'énumération que Jésus reprend en fleurs.
  • Matthieu 5, 48 — « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait », la phrase même qui avait découragé le jeune homme.
  • 2 Pierre 1, 5-7 — « Joignez à votre foi la vertu, à la vertu la science… » : la composition graduelle du bouquet.
  • Colossiens 3, 12-14 — revêtez-vous de tendresse, bonté, humilité, douceur, patience — « et par-dessus tout cela, la charité, qui est le lien de la perfection ».
  • Luc 14, 16-24 — le grand banquet et les invités : l'autre parabole du festin, où c'est l'assistance qui manque, non les plats.
Parabole du banquet et du bouquet de fleurs — Les paraboles de Jésus