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98Troisième année de vie publiqueChapitre 476Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole des térébinthes et de la diversité des âmes

Troisième année de vie publique — Sur le flanc abrupt d'une montagne couverte de térébinthes, dont le parfum âpre de résine écrase toutes les autres odeurs de la vallée. Un torrent à sec passe en contrebas. Jésus donne aux siens une leçon sur la manière de soigner les âmes.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 476

Le récit

« Les âmes ! Rien n'est plus divers ! » Et Jésus fait regarder la forêt.

Voyez ce puissant térébinthe. Il est au milieu d'arbres de la même espèce — plusieurs centaines, mille peut-être, davantage. Or, si l'on observe bien, pas un n'est pareil à l'autre : ni par la grosseur, ni la hauteur, ni la puissance, ni l'inclinaison.

Suit un inventaire qui est le cœur du texte. L'un est droit comme une lame ; d'autres tournés vers le nord, le midi, l'orient, l'occident. L'un a poussé en pleine terre ; un autre sur une saillie « dont on ne sait comment elle peut le porter et comment lui peut tenir », suspendu dans le vide au-dessus du torrent. L'un est tordu « comme si un homme cruel l'avait opprimé quand il n'était qu'un arbuste encore tendre » ; un autre est sans défaut. L'un est feuillu jusqu'à la base, un autre n'a qu'une houppette à la cime. L'un n'a de branches qu'à droite ; un autre est vert en bas et calciné par la foudre à son sommet. Un autre enfin ne survit que par « un surgeon obstiné, unique, qui a poussé presque à la racine, recueillant le reste de sève qui ne montait plus au sommet ».

Puis Jésus resserre encore. Ce premier arbre, le plus beau — a-t-il une seule feuille pareille à une autre parmi les milliers qu'il porte ? Regardez cette branche, la plus basse ; seulement son extrémité : deux cents aiguillettes vertes et fines.

« En est-il une semblable à une autre pour ce qui est de la couleur, de la robustesse, de la fraîcheur, de la souplesse, de l'allure, de l'âge ? Non. Ainsi en est-il des âmes. »

EMV 476.3

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, sous forme de portrait du soignant.

« Celui qui ne sait pas les connaître et les travailler selon leurs diverses tendances et réactions n'est ni un bon maître ni un bon médecin des âmes. »

EMV 476.4

Et Jésus indique où se fait cet apprentissage : « Le livre que doit étudier un maître et un médecin des âmes, ce sont les âmes elles-mêmes. » L'étude vaut mieux qu'« une longue lecture de textes fixés ».

Il détaille alors les vertus requises, chacune contre un travers précis. Le courage, pour panser les plaies putrides sans montrer un dégoût qui humilie. La fermeté, contre « une fausse pitié qui, pour ne pas mortifier en découvrant la pourriture et ne pas purifier par crainte de faire souffrir la partie corrompue, la laisse se gangrener ». La prudence, double : ne pas exacerber les blessures par des manières trop rudes, et ne pas se souiller au contact « en voulant montrer qu'on ne craint pas de se contaminer en entrant en relation avec les pécheurs ».

D'où toutes ces vertus viennent-elles ?

« Dans l'amour, toujours dans l'amour. […] Quand quelqu'un est tout amour, il ne peut entrer en lui un autre désir et une autre science qui n'est pas celle de l'amour. »

EMV 476.4

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Une leçon de méthode déguisée en contemplation. Jésus ne demande pas d'admirer la forêt : il demande de regarder assez longtemps pour cesser de la voir comme une forêt. Mille arbres identiques deviennent mille cas particuliers, puis deux cents feuilles distinctes sur une seule extrémité de branche. La progression du regard est la formation qu'il réclame — l'attention soutenue jusqu'à ce que la ressemblance cède.

Chaque déformation a son histoire. L'arbre tordu l'est « comme si un homme cruel l'avait opprimé quand il n'était qu'un arbuste encore tendre » ; l'autre est brûlé au sommet par la foudre ; un troisième ne tient que par un rejet à la racine. Aucune de ces formes n'est un défaut moral : ce sont des accidents subis. Le soignant doit donc lire une biographie avant de porter un jugement.

Le surgeon obstiné. C'est l'image la plus consolante du passage, et elle passe presque inaperçue : un arbre dont la sève ne monte plus au sommet survit par une pousse minuscule, en bas, près de la terre. Il n'est pas mort ; il vit ailleurs qu'où on le cherchait. Appliqué à une âme, cela suggère de chercher la vie là où l'on ne regarde pas.

Deux erreurs symétriques, également nommées. La fausse pitié qui laisse gangrener, et la rudesse qui exacerbe. Puis, plus fine, la troisième : celle qui consiste à fréquenter les pécheurs par bravade, « en voulant montrer qu'on ne craint pas de se contaminer ». Jésus, que l'on accuse constamment de manger avec les publicains, met en garde contre l'imitation ostentatoire de sa propre conduite.

L'immunité par l'amour. L'analogie médicale finale est prudente — Jésus la présente comme une thèse « pas évidente mais pas complètement erronée » : qui a failli mourir d'une maladie ne la contracte plus. L'amour ferait de même, mais étant santé et non maladie. Le soignant est protégé non par la distance, mais par ce qu'il porte en lui.

Résonances bibliques

  • 1 Corinthiens 12, 4-11 — « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit… à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune. »
  • Isaïe 42, 3 — « Il ne brisera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui fume encore » : la délicatesse envers ce qui est déjà abîmé.
  • Ézéchiel 34, 16 — « Je panserai celle qui est blessée, je fortifierai celle qui est malade. »
  • Galates 6, 1 — « Redressez-le dans un esprit de douceur, prenant garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté » : les deux prudences que Jésus distingue.
  • Isaïe 11, 1 — « Un rejeton sortira de la souche de Jessé » : la vie qui repart par le bas quand la cime est morte.
  • 1 Corinthiens 9, 22 — « Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns. »
Parabole des térébinthes et de la diversité des âmes — Les paraboles de Jésus