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40Troisième année de vie publiqueChapitre 467Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole de la distribution des eaux

Troisième année de vie publique — Dans un verger de Galilée, peu avant le départ définitif de Jésus pour la Judée. Les apôtres dorment encore ; il parle seul à la foule, assis sur la margelle d'un puits d'où partent en éventail les canaux d'irrigation.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 467

Le récit

Un riche propriétaire avait des dépendants dispersés sur des domaines très inégaux : autour de sa résidence, un lac que des sources souterraines tenaient plein ; au loin, des terres arides. Sa tournée lui apprit que les proches avaient l'eau en abondance et la refusaient aux autres, de peur d'en manquer un jour. Il fit donc dériver le trop-plein du lac vers de grandes citernes creusées chez les mieux dotés, puis vers des réservoirs plus lointains — en avertissant les bénéficiaires que rien de cela ne leur appartenait : ils n'avaient pas reçu du superflu, ils étaient institués passage vers ceux qui manquaient du nécessaire.

Il revint des années après. Chez les proches : bassins, fontaines, plantes d'ornement, plus de luxe que chez lui. Les fermiers jurèrent n'avoir jamais rien refusé et se plaignirent d'assoiffés insatiables, qui les avaient contraints à clore leurs terres et à y lâcher des chiens. Chez les lointains, le sol était brûlé, les brebis épuisées, et les hommes détournaient la tête à son approche. Ils finirent par parler : on leur avait affirmé que l'eau récompensait les uns et les punissait, eux, sur ordre du maître. Réduits au quart de leur ration, ils la puisaient dans les rigoles où débordaient les bains des privilégiés, et ils en mouraient. Ils avaient perdu l'eau, et avec elle toute espérance en leur maître.

Il les conduisit aux terres irriguées, envoya les plus valides demander en son nom, et resta caché derrière le mur. Il entendit rire de ces frères déguenillés dont on convoitait déjà les terres ; il vit ouvrir le portail, chiens et matraques prêts, et rouer de coups un imprudent. Il sortit alors et prononça la sentence : vous aviez été choisis pour être mes ministres, l'abondance vous a desséchés plus que les terres que vous avez laissé mourir, allez vivre là-bas ce qu'ils ont vécu. Puis il fit des victimes les nouveaux distributeurs, chargées d'ouvrir aux coupables les canaux que ceux-ci leur avaient fermés.

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même.

Sans intervalle : le riche est dépositaire d'une richesse que Dieu lui accorde avec ordre de la redistribuer. Dieu pourrait faire pleuvoir le pain sur les pauvres ; il ne le fait pas, pour ne pas priver les autres du mérite de la charité — l'aumône est un honneur fait au donateur. N'est d'ailleurs indigent que celui à qui manque le nécessaire : quiconque possède un peu est déjà riche au regard de qui meurt de faim.

Le fondement en avait été posé par la réplique la plus abrupte du maître :

« A qui est l'eau ? […] Qui de vous a créé une seule goutte de rosée ? »

EMV 467.5

La péroraison est enfin autre chose qu'une leçon de morale sociale : Jésus annonce qu'il s'en va, que les pauvres de la région perdent un ami, et demande aux autres de le remplacer.

« je vous demande d'être la providence des pauvres privés de leur Ami miséricordieux »

EMV 467.6

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Le vrai crime n'est pas la rétention. Les intermédiaires ne gardent pas seulement l'eau : ils attribuent au maître l'ordre de la refuser. Le dommage décisif n'est donc pas matériel — les pauvres ont cessé de croire à la bonté de celui qui avait tout organisé pour eux. Que le mot ministres désigne les coupables donne à la parabole une portée difficile à restreindre aux possédants.

Les victimes ne sont pas innocentes. Le maître leur fait observer qu'il leur suffisait de venir avec des outres et des ânes, qu'il aurait fournis au besoin. L'un d'eux avoue avoir bien dit que le maître ne pouvait avoir donné pareil ordre — mais nul n'a osé vérifier.

La vérification immédiate. Le discours achevé, un paysan jadis puni par Jésus pour sa dureté envers deux orphelins vient réclamer son pardon. Il pleure, il a réparé — et il ne l'obtient pas :

« Tu obtiendras ou non mon pardon selon la façon dont tu vivras dans le temps qui te reste. »

EMV 467.7

C'est exactement le régime institué dans la parabole pour les fermiers déchus : ni damnation ni absolution, mais du temps accordé.

Résonances bibliques

  • Ézéchiel 34 — les pasteurs qui se paissent eux-mêmes, et le reproche de troubler de leurs pieds l'eau que les brebis devront boire (v. 18-19). Le rapprochement est presque littéral.
  • Luc 16, 19-31 — le riche et Lazare : la même architecture d'un mur, d'une table abondante et d'un misérable à la porte.
  • Luc 12, 42-48 — l'intendant établi pour distribuer la ration en temps voulu : à qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup.
  • Matthieu 25, 31-46 — « J'ai eu soif et vous m'avez donné à boire » : ce que Jésus demande en partant.
Parabole de la distribution des eaux — Les paraboles de Jésus