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90Troisième année de vie publiqueChapitre 378Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole des oiseaux

Troisième année de vie publique — Le verger de Béthanie, entre la maison de Lazare et celle qui fut de Simon le Zélote. L'auditoire est le plus mêlé de tout l'Évangile : membres du Sanhédrin et prêtres au premier rang, Lazare couché sur sa litière aux pieds de Jésus, les femmes disciples à côté, les Romaines voilées et anonymes tout au fond, et trois malades sur des brancards que Jésus fait placer devant — sans les guérir tout de suite.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 378

Le récit

Pour entrer en matière, Jésus fait lever les yeux vers les oiseaux qui nichent dans les feuillages.

Observez-les : il y en a d'indigènes et d'exotiques, de toutes les espèces et de toutes les tailles. Et quand la nuit tombera, ils seront remplacés par des oiseaux nocturnes, « eux aussi nombreux ici, bien qu'il soit facile de les oublier du seul fait que nous ne les voyons pas ».

Pourquoi tant d'oiseaux en ce lieu ? Parce qu'ils y trouvent de quoi vivre heureux : le soleil, du repos, une nourriture abondante, des abris sûrs, des eaux fraîches. Ils s'y rassemblent « venant de l'orient et de l'occident, du sud et du nord » s'ils sont migrateurs, ou y restent fidèles s'ils sont du pays. Et comment le savent-ils ? Par transmission :

« Beaucoup sont des enfants d'oiseaux maintenant morts mais qui, l'an passé, ou il y a encore plus longtemps, ont niché ici, où ils trouvaient ce qu'il leur fallait. Ils l'ont dit à leurs petits avant de mourir, ils ont indiqué cet endroit et les petits, obéissants, y sont venus. »

EMV 378.4

Puis vient la question qui fait basculer l'image : « Eh quoi ? Les oiseaux seraient-ils supérieurs en sagesse aux fils de l'homme ? »

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, en trois temps de plus en plus tranchants.

Le constat. Le Père a tout indiqué aux siens, pour le bien de la chair et pour celui de l'esprit. Or les hommes transmettent fidèlement ce qui concerne la chair — « depuis les tuniques de peau que Dieu fit lui-même pour nos premiers parents jusqu'aux dernières découvertes » — tandis que pour l'esprit, « ce qui a été indiqué, appris, commandé, n'est ni conservé, ni enseigné, ni pratiqué ». Les gens du Temple murmurent ; Jésus les calme d'un geste et poursuit.

La promesse. Comme les oiseaux nés ici diront aux autres « venez avec nous, il y a un bon endroit », on verra affluer de partout « des âmes en grand nombre vers la doctrine venue de Dieu ».

L'avertissement. Mais dans ce même verger, les oiseaux diurnes côtoient les nocturnes et les rapaces.

« Rien ne peut les dénicher parce que leurs œuvres se font dans les ténèbres et à des endroits où l'homme ne peut pénétrer. Avec leur œil glacial, leur vol silencieux, leur voracité, leur cruauté, ils agissent dans les ténèbres et, étant impurs, répandent impuretés et douleur. »

EMV 378.5

À qui les comparer ? À ceux qui, en Israël, refusent la Lumière. Et Jésus conclut par la sentence qu'il a déjà répétée : « Beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et siègeront avec Abraham et Jacob dans le Royaume des Cieux. Mais les fils de ce royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures. »

Un membre du Sanhédrin explose : « Les fils de Dieu dans les ténèbres ? Tu blasphèmes ! » — « Pas les fils de Dieu. » — « C'est toi-même qui l'as dit ! » — « Et je le répète : les fils de ce royaume-ci. »

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Le verger est la parabole. Jésus ne raconte pas une histoire : il décrit l'endroit où tout le monde se tient. Les oiseaux sont réellement là, les nocturnes y viendront réellement le soir, et l'auditoire est composé exactement de la même manière — des gens venus de partout, et des hommes du Temple au premier rang. La comparaison désigne les présents sans avoir à les nommer.

Ce qu'on transmet et ce qu'on laisse tomber. L'argument central est un argument de transmission : les oiseaux font mieux que les hommes parce qu'ils disent à leurs petits où se nourrir. L'accusation portée contre Israël n'est donc pas d'ignorer, mais d'avoir cessé d'enseigner ce qui compte — tout en transmettant scrupuleusement les techniques. Dit à des docteurs de la Loi dont c'est précisément le métier.

Les rapaces ne sont pas des étrangers. Ils nichent dans le même verger, dans les mêmes arbres, et « depuis des années, des générations ». Ce ne sont pas des envahisseurs : ce sont des occupants légitimes du lieu, simplement invisibles aux heures où l'on regarde. Le mal décrit est domestique et ancien.

Judas vient de faire le contraire de ce que la parabole recommande. Quelques instants plus tôt, il énumérait à l'oreille de Jésus tous les puissants présents — les prêtres, les sanhédrites, le fils de Gamaliel, les Romaines qu'il reconnaît sous leurs manteaux — et proposait de rappeler à Claudia sa promesse. Jésus a refusé : « ne devenons jamais des quémandeurs », et « l'héroïsme de la foi doit se former au milieu des difficultés ». Puis il parle d'oiseaux qui viennent d'eux-mêmes parce qu'ils trouvent de quoi vivre. Aucun oiseau n'est convoqué ; ils affluent.

Les malades attendent pendant tout le discours. Jésus les fait avancer, les interroge — « mais il ne les guérit pas tout de suite ». La parole passe avant le miracle, dans un chapitre qui reproche justement de privilégier le bien de la chair sur celui de l'esprit.

Résonances bibliques

  • Matthieu 8, 11-12 — « Beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et se mettront à table avec Abraham, Isaac et Jacob… mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors », cité presque littéralement.
  • Matthieu 6, 26 — « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et votre Père céleste les nourrit. »
  • Ézéchiel 17, 23 — le cèdre planté sur la montagne, « sous lequel habiteront tous les oiseaux de toute espèce ».
  • Jérémie 8, 7 — « La cigogne connaît dans les cieux sa saison… mais mon peuple ne connaît pas la loi du Seigneur » : l'argument exact de Jésus, déjà chez le prophète.
  • Isaïe 43, 5-6 — « Je ramènerai ta race de l'orient, je te rassemblerai de l'occident. »
  • Jean 3, 19-20 — « Quiconque fait le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière » : la définition des oiseaux de nuit.
  • Genèse 3, 21 — les tuniques de peau que Dieu fit pour Adam et Ève, que Jésus prend comme premier terme du savoir transmis.
Parabole des oiseaux — Les paraboles de Jésus