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89Troisième année de vie publiqueChapitre 377Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole de l'eau et du jonc

Troisième année de vie publique — Le jardin de Béthanie, près d'un vivier « qui a l'air d'un miroir tombé dans la verdure ». Jésus s'est assis sur le rebord de la vasque, Marie-Madeleine dans l'herbe à ses pieds. Elle porte une robe lilas, aucun bijou, les cheveux tressés sur la nuque ; le regard effronté de la pécheresse a disparu.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 377

Le récit

Ils se taisent d'abord. Jésus joue avec l'eau, y plonge les doigts, la « peigne » en petits sillages. « Comme cette eau limpide est belle ! » Elle est si claire, dit-il, « qu'il semble qu'il n'y ait rien, comme si elle n'était pas élément mais esprit. Nous pourrions lire sur le fond les paroles qu'échangent les petits poissons… »

Marie répond : « Comme on lit au fond des âmes pures, n'est-ce pas, Maître ? » — et elle soupire, d'un regret qu'elle voile d'un sourire.

Jésus voit le soupir. Il répond longuement : les âmes pures sont rares, les enfants seuls ont l'âme angélique, sa Mère est plus pure que le premier lys sorti des mains du Créateur. Mais le Paradis ne peut se peupler d'enfants seulement — « que dirais-tu d'un roi qui n'aurait qu'une seule pierre précieuse dans son trésor ? » Comment donc les adultes y entreront-ils, « si la pauvre vie humaine est une fange continuelle » ?

Alors vient le geste :

« Tu vois cette eau ? Elle paraît si limpide, mais observe : il suffit qu'avec un jonc j'en remue le fond pour qu'elle se trouble. Des détritus et de la boue affleurent. Son cristal devient jaunâtre et personne n'en boirait plus. Mais si j'enlève le jonc, la paix revient et l'eau reprend peu à peu sa clarté et sa beauté. Le jonc, c'est le péché. »

EMV 377.4

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, en une phrase, puis vérifiée à voix haute quelques minutes plus tard.

« Le repentir, sois-en sûre, est ce qui purifie les âmes… »

EMV 377.4

Marie objecte, plus tard, que son repentir ne pouvait suffire à laver un si grand péché — c'est le pardon qui a tout fait. Jésus maintient :

« Il suffisait et il suffira pour toutes tes sœurs qui t'imiteront. […] Le repentir sincère est un filtre qui purifie ; l'amour ensuite est la substance qui préserve de toute nouvelle souillure. »

EMV 377.6

D'où la conclusion qui répondait à la question posée : « ceux que la vie a rendus adultes et pécheurs pourront redevenir innocents comme des enfants et entrer comme eux dans mon Royaume ».

Entre-temps, Marthe est venue se plaindre de sa sœur oisive. Jésus la reprend — « ce n'est pas de l'oisiveté, Marthe : c'est de l'amour. L'oisiveté, c'était avant » — et désigne la vasque en partant : « Regarde comme l'eau est redevenue limpide pendant que nous parlions. Marthe se purifiera grâce aux paroles que je lui ai dites. Toi… toi, par la sincérité de ton repentir. » La démonstration s'est achevée toute seule, pendant la dispute.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

La boue était déjà là. C'est ce que le geste établit, et c'est la consolation véritable : le fond du bassin n'est pas propre, il est au repos. La limpidité n'est pas l'absence de dépôt mais son immobilité. Une âme pure n'est donc pas une âme sans passé — ce qui répond exactement au soupir que Marie avait tenté de cacher.

Le péché est un geste, non une substance. Le jonc ne salit pas l'eau : il remue ce qui s'y trouve. Et surtout, on peut le retirer. La parabole ne dit pas que le mal est superficiel, elle dit qu'il agit tant qu'il agite — et qu'il suffit de cesser pour que la clarté revienne « peu à peu ».

Une parabole qui met du temps. Jésus n'affirme pas que l'eau redevient limpide : il laisse le temps le prouver. Entre la démonstration et sa vérification s'intercale toute la scène avec Marthe — les nappes, les viandes, l'eau de menthe et de miel, l'agacement, la réprimande. Le repentir travaille pendant qu'on parle d'autre chose.

Marie reçoit la leçon, Marthe reçoit la réprimande, et les deux sont purifiées. Jésus le dit en une phrase symétrique : Marthe par les paroles qu'il vient de lui dire, Marie par la sincérité de son repentir. Deux régimes différents pour deux sœurs — et Marthe s'en va mortifiée, ce que Marie tente aussitôt d'adoucir en la justifiant.

Le vivier est alimenté et drainé. Valtorta note les petits canaux : l'un remplit la vasque, les autres l'écoulent vers l'irrigation. L'eau clarifiée ne reste donc pas là — elle repart arroser le jardin. Le détail n'est pas commenté, mais il complète l'image : une âme redevenue limpide sert à quelque chose.

Résonances bibliques

  • Luc 10, 38-42 — Marthe affairée et Marie assise aux pieds du Seigneur : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée », que Jésus prononce ici dans les mêmes termes.
  • Psaume 51 (50), 9 — « Lave-moi, et je serai plus blanc que la neige. »
  • Ézéchiel 36, 25 — « Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés. »
  • Matthieu 18, 3 — « Si vous ne devenez comme les petits enfants… » : la question à laquelle la parabole répond.
  • Jean 4, 14 — « L'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. »
  • 1 Corinthiens 13, 8-13 — la charité qui seule demeure quand tout le reste passe : Jésus le dit ici de Marie, « elle l'a prise comme écu et comme bourdon ».
  • Luc 7, 47 — « Ses péchés, qui sont nombreux, lui sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé. »
Parabole de l'eau et du jonc — Les paraboles de Jésus