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64Première année de vie publiqueChapitre 167Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole des fleurs qui fanent et de la plante qui repousse

Première année de vie publique — Le jardin de Jeanne, femme de Kouza, à Tibériade. Des dames romaines — Plautina, Lydia, Valéria — coupent des fleurs pour les disposer dans des coupes précieuses. Valéria a failli perdre sa petite fille, guérie par Jésus ; depuis, elle ne la quitte plus d'un instant.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 167

Le récit

Jésus ne les interrompt pas : « Vous vous occupiez de fleurs ? Continuez donc. Nous pourrons parler tout aussi bien. » Et il part de ce qu'elles ont dans les mains.

Ces coupes servent à prolonger une existence « hélas trop brève ». Devant ce bouton de rose qui esquisse à peine le sourire de ses pétales jaune rosé, comment ne pas regretter de le voir mourir ? Jésus s'arrête sur son propre attendrissement, et le note avec humour : « Ah ! Comme les Juifs seraient étonnés de me l'entendre dire ! » Puis il le justifie : « en cette créature qui s'épanouit, nous sentons un je-ne-sais-quoi qui vit. Et d'en voir la mort nous peine. »

Vient alors le retournement :

« Pourtant, la plante est plus sage que nous. Elle sait que, sur toute blessure de la tige que l'on taille, naît un rejet qui donne une nouvelle rose. »

EMV 167.4

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, en deux degrés qu'il numérote presque.

Premier degré. De même qu'une plante ne meurt pas quand on coupe sa tige, tant que ses racines sont nourries par le sol, « l'humanité ne meurt pas quand cesse la vie terrestre d'un être. Au contraire, de nouvelles fleurs ne cessent d'y bourgeonner ».

Second degré, que Jésus annonce comme « une pensée encore plus élevée » — et c'est là que l'image se brise volontairement :

« Alors que la fleur une fois morte ne revit pas — et c'est bien triste ! —, l'homme endormi de son dernier sommeil n'est pas mort, il mène une vie plus éclatante en recevant par ce qu'il y a de meilleur en lui, vie éternelle et splendeur du Créateur qui l'a formé. »

EMV 167.4

Puis l'application personnelle, adressée à une seule des trois femmes :

« Par conséquent, Valéria, si ta petite fille était morte, tu n'aurais pas perdu ses caresses pour autant. Les baisers de ton enfant, séparée mais pas oublieuse de ton amour, se seraient toujours déposés sur ton âme. »

EMV 167.5

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

La comparaison est retournée contre elle-même. Jésus construit une analogie — la plante survit à sa fleur, l'humanité survit à ses morts — puis la déclare insuffisante : la fleur, elle, ne revient pas. Ce qui vaut pour l'espèce ne console pas de la perte d'un individu. Il faut donc changer d'ordre, et c'est seulement le second degré qui répond à Valéria. Rares sont les paraboles où l'image sert d'abord de tremplin, puis de contre-exemple.

Une consolation pour un deuil qui n'a pas eu lieu. L'enfant est vivante, endormie dans son berceau à trois pas. Jésus enseigne pourtant à sa mère ce qu'elle aurait dû penser si elle l'avait perdue. Il ne soigne pas une douleur : il désarme une peur — celle d'une femme qui « ne l'abandonne pas un seul instant » depuis qu'elle a su ce que c'était de la voir mourir.

La taille précède le rejet. Le détail est glissé sans insistance : c'est sur la blessure de la tige coupée que naît la pousse nouvelle. Ce sont ces femmes qui coupent, en ce moment même, pour orner leurs coupes. La parabole se déroule pendant que le geste qu'elle commente est accompli.

Ce que Jésus fait ensuite. Il découvre le berceau, réveille doucement l'enfant, la fait rire, refuse qu'on l'éloigne — « les enfants ne m'ennuient jamais » — et la prend sur son cœur, où elle lui dépeigne la barbe et joue avec les franges de son manteau. La démonstration sur la vie éternelle s'achève par un homme qui berce un bébé. Le texte ne commente pas la transition.

Une parabole donnée à des païennes. L'immortalité de l'âme, la survie du lien après la mort, les baisers qui se déposent « sur l'âme » : tout cela est dit à des Romaines dont la religion officielle n'offrait rien de tel. Jésus ne réfute pas leurs croyances ici — il part d'une rose et les mène jusqu'à la résurrection sans jamais nommer un dogme.

Résonances bibliques

  • Isaïe 40, 6-8 — « Toute chair est comme l'herbe… l'herbe sèche, la fleur se fane, mais la parole de notre Dieu subsiste à jamais. »
  • Job 14, 7-10 — « Un arbre a de l'espérance : coupé, il reverdit encore… mais l'homme meurt, et il reste étendu » : l'objection exacte que Jésus soulève, et à laquelle il répond.
  • Jean 12, 24 — « Si le grain de blé ne meurt, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. »
  • 1 Corinthiens 15, 35-44 — le corps semé corruptible et ressuscité incorruptible : le second degré de la parabole, développé par Paul.
  • Psaume 103, 15-16 — « L'homme ! Ses jours sont comme l'herbe ; il fleurit comme la fleur des champs. »
  • 1 Thessaloniciens 4, 13 — « Ne vous affligez pas comme les autres, qui n'ont pas d'espérance » : ce que Jésus enseigne ici à des femmes qui, précisément, n'en avaient pas.
Parabole des fleurs qui fanent et de la plante qui repousse — Les paraboles de Jésus