Parabole des deux fils (deux volontés)
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 394
Le récit
Un père irréprochable a deux fils. Il les aime d'un même amour et les élève de la même manière — pourtant ils diffèrent du tout au tout.
L'aîné est docile : il exécute sans discuter et trouve sa joie dans son travail. Le cadet vit dans le mécontentement. Il argumente avec son père et surtout avec lui-même, pèse chaque consigne à la mesure de son propre calcul, se permet de la corriger comme si celui qui la donnait manquait d'intelligence. Il reproche à son frère sa douceur, la lui présente comme une servitude, lui rappelle qu'on se moque de lui, l'assure qu'à sa place il en imposerait aux serviteurs. Il ne se contente pas de désobéir : il tente son aîné, qui reste fidèle.
Les années passent. Humilié de ne pas régner, le cadet demande au père de lui transférer l'autorité. Devant les remontrances, il hausse les épaules, nie ce qu'on lui rapporte, et accuse son père de jalousie quand celui-ci l'avertit contre les amis qui l'excitent pour rire ensuite de lui.
Vient l'ultimatum : ou il se soumet, ou il perd l'affection paternelle. Le cadet va consulter ses conseillers. Leur solution est immédiate : que le père soit mis hors d'état de préférer un fils à l'autre. Qu'on le leur livre, et ils se chargeront du reste ; le fils n'aura pas commis le geste, et une fois le frère trop indulgent écarté, la maison retrouvera son lustre. Il accepte.
La morale
● Énoncée par Jésus lui-même.
Elle est tirée sous forme de questions, immédiatement après le récit. Peut-on reprocher au père deux méthodes d'éducation ? Le tenir pour complice ? Non. La volonté serait-elle distribuée d'avance en deux qualités ?
« Elle est identique. Mais l'homme la change à sa guise : celui qui est bon rend sa volonté bonne, le mauvais la rend mauvaise. »
EMV 394.1
Suit l'exhortation, appuyée sur le chant de Noël : la paix est pour les hommes de bonne volonté — c'est-à-dire, précise Jésus, la réussite et la victoire, ici et au Ciel. Puis la règle qui commande le chapitre : Dieu tient moins compte des actions éclatantes entreprises de son propre chef que de l'obéissance humble et prompte à ce qu'il propose. Deux exemples scripturaires l'établissent : la déroute des chefs qui avaient reçu l'ordre de ne pas livrer bataille, et le rejet de Saül.
Pistes de lecture
○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.
Le lieu fait la parabole. Elle est prononcée à Kérioth, devant les compatriotes de Judas, en présence de Judas. Le portrait est d'une précision qui laisse peu de place au hasard : un homme qui veut faire mieux que ce qu'on lui commande, juge son entourage timide, reproche au maître de manquer les occasions de triompher, et finit par accepter que d'autres se chargent de la besogne pour n'avoir pas à porter le geste. Aucun nom n'est prononcé, et le texte n'établit nulle part cette équivalence — mais il place la scène, le jour et l'auditoire de telle sorte qu'elle s'impose au lecteur.
Le rôle des « faux amis ». Le complot n'est pas conçu par le fils : il lui est vendu, et présenté comme une faveur — être exempt de la faute matérielle.
« Mets-le entre nos mains et nous en ferons notre affaire. »
EMV 394.1
C'est le mécanisme de toute complicité qui se croit propre : commanditer sans exécuter.
La phrase qui suit l'adieu. Après avoir décrit un frère livré, Jésus demande à Kérioth de rester juste : qu'on ne condamne pas une famille entière pour l'un de ses membres. Précaution pastorale pour le bourg, ou clémence adressée par-dessus l'épaule à celui que la parabole vient de peindre — les deux lectures tiennent.
Résonances bibliques
- Luc 15, 11-32 — le fils prodigue : deux fils, un aîné fidèle, un cadet perdu. La structure est ici reprise sans la fugue et sans le retour : tout se joue à l'intérieur de la maison, sur la seule matière des ordres reçus et retouchés.
- Matthieu 21, 28-32 — l'autre parabole des deux fils, celle de la vigne, qui oppose la parole et l'acte ; à ne pas confondre avec celle-ci, qui oppose deux volontés.
- 1 Samuel 15, 22-23 — « L'obéissance vaut mieux que le sacrifice… puisque tu as rejeté la parole du Seigneur, il te rejette de la royauté » : citée longuement dans le chapitre, avec, en 1 Samuel 16, 1-13, l'onction de David et la parole sur le regard qui juge les apparences.
- 1 Maccabées 5 — Joseph fils de Zacharie et Azarias, laissés en garde avec ordre de ne pas combattre, défaits pour avoir voulu se faire un nom.
- Luc 2, 14 — la paix aux hommes de bonne volonté, clé de toute la prédication d'adieu.
Passages cités : Maria Valtorta, L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 394 — © Centro Editoriale Valtortiano. Le texte intégral est disponible aux éditions du CEV.