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3Première année de vie publiqueChapitre 111Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole des champs différemment cultivés

Première année de vie publique — Sur la route de Jéricho, en montant à Jérusalem pour la fête des Tentes. Les disciples viennent d'apprendre que Jean-Baptiste s'est réfugié aux confins de la Samarie, et ils s'inquiètent de ce qui attend Jésus dans la Ville sainte.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 111

Le récit

Jésus part de ce que tous ont vu en chemin. En traversant la Décapole et la Pérée, on rencontre trois sortes de champs.

Les premiers sont encore encombrés de chaume et de chiendent, durcis, envahis de plantes parasites dont le vent d'été a rapporté les graines depuis les déserts : ce sont les champs des paresseux.

Les deuxièmes ont été ouverts par la charrue, débarrassés des pierres et des ronces par la main et par le feu — et ce qui nuisait est devenu utile, les mauvaises herbes brûlées se changeant en engrais et en sels fertilisants. La terre a souffert du soc qui la fouillait et du feu qui rouvrait ses blessures, mais elle dira au printemps que cette torture lui a valu sa moisson. Ce sont les champs des hommes de bonne volonté.

Les derniers sont déjà meubles, nettoyés jusqu'aux cendres, prêts comme un lit nuptial pour les noces du sillon et de la semence. Ce sont les champs des généreux, que rien ne satisfait sinon la perfection du travail.

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même.

Le passage du champ à l'âme est fait par lui, immédiatement et sans détour :

« Eh bien, il en est de même des cœurs. Je suis le Soc et ma parole est le Feu qui prépare au triomphe éternel. »

EMV 111.4

Il détaille ensuite les trois états. Ceux qui ne le cherchent pas encore et ne veulent que leurs passions : ce qui leur paraît verdure et fleurs n'est que ronces. Ceux qui acceptent la taille en se disant que c'est pénible mais purifiant — et dont il précise qu'ils n'ont pas l'héroïsme d'agir eux-mêmes, mais qu'ils lui permettent d'agir : c'est déjà, dit-il, le premier pas. Ceux enfin qui l'aident d'un travail inlassable et qui, sur la route de Dieu, « ne marchent pas, mais volent ».

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Rien n'est jeté. Le détail le plus frappant est le sort réservé aux mauvaises herbes : elles ne sont pas éliminées, elles sont converties. Brûlées, elles deviennent l'engrais qui nourrira le blé. On peut y lire une logique de purification et non d'amputation — ce qui encombrait une vie n'a pas à être effacé de son histoire pour qu'elle porte du fruit, il faut qu'il passe par le feu. La douleur, du même coup, change de signe : la terre pleure sous le soc, mais c'est la blessure qui rend féconde.

Le seuil est le consentement, pas la performance. Ce qui sépare le premier groupe du deuxième n'est pas une quantité de vertu : le deuxième ne fait rien, il laisse faire. La ligne de partage passe entre le refus et l'acceptation, non entre le médiocre et l'excellent — l'excellence ne distinguant, elle, que le deuxième groupe du troisième.

Une parabole du semeur inversée. Le rapprochement avec Matthieu 13 s'impose, mais l'axe diffère : la parabole évangélique classe des terrains dont la qualité est un donné, tandis qu'ici les trois états résultent du travail — ou de son absence. Ce déplacement de la fatalité vers la responsabilité annonce la version que Jésus donnera de la parabole du semeur elle-même (chapitre 179), où les défauts des champs seront tous imputés au propriétaire.

Résonances bibliques

  • Jérémie 4, 3 — « Défrichez-vous un champ nouveau, et ne semez pas parmi les épines. »
  • Osée 10, 12 — « Faites vos semailles selon la justice… défrichez-vous un champ nouveau. »
  • Hébreux 6, 7-8 — la terre qui boit la pluie et produit des ronces, promise au feu.
  • Luc 3, 17 — le feu du Précurseur, dont il est ici question quelques versets après qu'on a parlé de lui.
Parabole des champs différemment cultivés — Les paraboles de Jésus