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61Première année de vie publiqueChapitre 143Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole des champs blancs pour la moisson

Première année de vie publique — En Samarie, au puits de Sychar, à la sixième heure. Jésus vient de parler à Photinaï, la Samaritaine, qui est partie chercher les siens en oubliant son amphore. Les disciples reviennent avec du pain, du fromage, des olives et des pommes, et s'inquiètent de le voir pâle et fatigué : il ne mange pas.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 143

Le récit

« J'ai une nourriture que vous ne connaissez pas. Ce sera mon repas. » Les disciples se regardent sans comprendre, et Jésus répond à leurs questions muettes.

Sa nourriture est de faire la volonté de celui qui l'a envoyé. Puis il prend l'image du semeur — non pour parler de la semence, mais du temps qui reste à courir. Quand le semeur a jeté le grain, peut-il prétendre avoir tout fait ? Non. « Que de labeurs encore avant de pouvoir se dire : “ Voilà, mon travail est achevé ” ! Et avant ce moment, il ne peut se reposer. »

Puis il désigne les champs autour d'eux. Il y a un mois à peine, la terre était nue, « sombre à force d'être battue par les pluies ». Maintenant, d'innombrables tiges de blé viennent de percer, d'un vert si tendre qu'il paraît presque blanc sous la grande lumière.

Et il fait dire à ses auditeurs ce qu'ils pensent en regardant cela : dans quatre mois, la récolte. Les semeurs engageront des moissonneurs — « car s'il suffit d'un semeur pour ensemencer son champ, il faut un grand nombre d'ouvriers pour le moissonner ». Et les uns comme les autres sont heureux : celui qui a semé un petit sac et doit préparer ses greniers, comme ceux qui gagnent en quelques jours de quoi vivre plusieurs mois.

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, avec un partage des tâches explicitement inégal.

« Vous, vous n'avez qu'à moissonner ; le travail le plus dur, c'est moi qui l'ai fait. »

EMV 143.5

Le salaire, pourtant, est le même pour tous — « je leur donnerai mon salaire et ce qu'il leur est dû. Je leur donnerai de quoi vivre dans mon Royaume éternel » — et la joie aussi : « ceux qui moissonneront ce que j'ai semé se réjouiront avec moi et comme moi ».

Puis vient l'invitation, formulée comme un désir personnel plutôt que comme un ordre :

« Venez faire la moisson dans mon champ. Je suis heureux de vous voir chargés des gerbes de ma récolte. Quand vous aurez récolté tout le grain que j'aurai semé partout, inlassablement, alors la volonté de Dieu sera accomplie et je m'assiérai au banquet de la Jérusalem céleste. »

EMV 143.5

Et la parabole se referme sur son application immédiate, en une phrase : « Voici qu'arrivent les Samaritains avec Photinaï. Faites preuve de charité à leur égard. Ce sont des âmes qui viennent à Dieu. » La moisson annoncée entre dans le champ pendant qu'il parle.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Une parabole qui explique un jeûne. Le point de départ n'est pas une question doctrinale mais un repas refusé. Les disciples s'inquiètent d'une pâleur ; Jésus répond en parlant de blé. Toute l'image sert à dire pourquoi il n'a pas faim — il vient de semer une femme, et un village entier lève. La fatigue et l'appétit sont réels ; ce qui les suspend, c'est le travail en cours.

Le blé n'est pas encore mûr. Détail que l'on remarque rarement : les tiges viennent de percer, et Jésus dit lui-même que la récolte est dans quatre mois. Ce ne sont donc pas des champs prêts qu'il montre, mais des champs qui commencent. La blancheur dont il parle est celle du vert très tendre sous le soleil de midi, non celle des épis mûrs. La promesse est certaine, l'échéance ne l'est pas.

L'asymétrie assumée entre semer et moissonner. Un seul semeur suffit, il faut une foule de moissonneurs — la remarque est agronomique, et elle devient une définition de l'apostolat. Les envoyés arrivent après le plus dur, sont plus nombreux que celui qui a commencé, et touchent le même salaire. C'est une parabole qui prémunit contre l'orgueil du récoltant.

Le premier champ semé est une Samaritaine. La scène se passe en pays schismatique, et le grain dont Jésus parle a été jeté dans une femme que ses propres disciples n'auraient pas abordée — le texte note qu'ils la lorgnent « plus ou moins discrètement » sans qu'aucun ose parler. Ils vont devoir moissonner ce qu'ils n'auraient pas semé.

Ce que Jésus attend de la fin. « Alors je m'assiérai au banquet de la Jérusalem céleste. » Son propre repos est suspendu à l'achèvement de la moisson — c'est-à-dire au travail des autres. La phrase prolonge exactement le refus de manger qui ouvre la scène : il ne s'assiéra pas à table tant que le champ n'est pas rentré.

Résonances bibliques

  • Jean 4, 31-38 — le passage parallèle, au même puits : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé », « levez les yeux et regardez les champs qui blanchissent pour la moisson », « d'autres ont travaillé et vous êtes entrés dans leur travail ».
  • Matthieu 9, 37-38 — « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le maître de la moisson. »
  • Psaume 126, 5-6 — « Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans la joie. »
  • 1 Corinthiens 3, 6-8 — « J'ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a donné la croissance ; chacun recevra son propre salaire. »
  • Amos 9, 13 — « Le laboureur suivra de près le moissonneur » : le temps où les saisons se rejoignent.
  • Apocalypse 19, 9 — « Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l'Agneau » : le banquet auquel Jésus dit qu'il s'assiéra.
Parabole des champs blancs pour la moisson — Les paraboles de Jésus