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A13Cahiers de 1944Chapitre 211Le 25 novembreRécitJésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole des calices de l'orfèvre

Cahiers de 1944 — 25 novembre 1944. La veille, Maria Valtorta a subi quatorze heures de visites sans une minute à elle, et n'a pas pu écrire. Jésus vient de lui dire qu'elle n'est rien, et que c'est dans ce rien qu'il est entré. Puis : « Écoute cette parabole. »
Les Cahiers de 1944, chapitre 211

Le récit

Chez un orfèvre sont exposés plusieurs calices d'argent. Les uns sont bosselés avec art, rehaussés d'or et de pierres précieuses ; les autres ne tiennent leur beauté que du métal et de la forme, « tels des calices de lys sur une fine tige ».

Des acheteurs entrent. Beaucoup sont de riches seigneurs qui cherchent des coupes pour leur demeure somptueuse : ils prennent les plus travaillées, les plus incrustées, et s'en vont.

En dernier vient un humble prêtre. Il paie avec les oboles de ses paroissiens, accumulées pièce par pièce, et il emporte le calice le plus simple — aussi humble que lui, que son église, et que la maigre somme des offrandes.

Il rentre heureux. Le dimanche ne vient pas assez vite : il pense au moment où il posera ce calice sur la pierre sacrée et prononcera « Ceci est le calice de mon Sang… ». Aux yeux du prêtre et des fidèles, l'objet resplendit — « non pas de son argent étincelant et tout neuf, mais de la Lumière qu'il renferme ».

Vient alors la question. Si un voleur entrait de nuit chez les riches seigneurs et dans cette église où une pauvre armoire garde le calice pour la messe de l'aube, lequel des deux vols serait le plus grand ?

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, sous la forme d'une question qu'il pose et à laquelle il répond aussitôt.

Le vol le plus grand est celui du calice le plus pauvre — et ce n'est même plus un vol :

« Car il ne s'agit plus de vol, mais d'un sacrilège. En descendant dans ce calice, je l'anoblis d'une noblesse qui surpasse toute autre noblesse de prix, de travail, de matière ou de beauté. Il est sacré parce que, moi, je l'ai choisi. »

Cahiers de 1944, chapitre 211

La valeur ne vient donc ni de la matière, ni du travail, ni du prix, mais uniquement du choix qui a été fait de l'objet et de l'usage auquel il sert. D'où la conséquence pratique, qui est l'objet réel de la dictée : « il faut donc l'utiliser comme tel, avec respect ». Jésus clôt sur la formule évangélique — « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende » — sans nommer personne.

Le destinataire est nommé, et le calice, c'est elle. Toute la page qui précède la parabole l'établit sans détour. Jésus rappelle qu'il a préparé Maria Valtorta à sa mission jusque dans sa formation mentale, qu'il lui a donné « une faculté peu commune de composition » parce qu'il en avait besoin, qu'il l'a crucifiée dans ses affections et dans sa chair pour la laisser libre et disponible, qu'il a réduit au minimum ses besoins de nourriture et de sommeil — et qu'il a augmenté son énergie dans un corps rongé par « cinq maladies majeures graves et pénibles ». Puis : « Tu n'es rien. Mais je suis entré dans ton “rien”, et j'ai dit : Vois, parle, écris. Ce rien est devenu mon instrument. Or ce qui est à moi est toujours consacré et doit être traité comme tel. »

Le grief est précis et le chapitre ne le cache pas : il vise « ceux qui te sont tout proches », ceux qui, étant en contact avec elle, devraient reconnaître ce qu'il y a là de surnaturel. Une menace suit — Jésus dit pouvoir la prendre avec lui et laisser ces hommes « trimer sur les miettes ». Valtorta note en fin de chapitre : « Il est mécontent de quelque chose qui se passe dans notre cercle le plus restreint. J'en suis certaine. »

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Une parabole sur le respect, pas sur l'humilité. On attend, à voir défiler les riches seigneurs et le pauvre prêtre, un éloge de la simplicité contre le faste. Ce n'est pas le propos : les coupes ornées ne sont ni condamnées ni ridiculisées, elles sont seulement profanes. Le partage ne passe pas entre le riche et le pauvre mais entre le consacré et le reste — et il ne devient visible qu'au moment du vol. Il faut le crime pour révéler la nature de l'objet.

Le calice ne fait rien. C'est le seul récit du corpus annexe où la figure centrale est un objet entièrement passif : il est fabriqué, exposé, acheté, emporté, rempli, volé. Aucune vertu ne lui est demandée, aucune docilité — à la différence de la grappe qui se laisse tailler ou du grain de sable qui cesse de regretter. Appliquée à une femme à qui l'on vient de dire « tu n'es rien », l'image ne demande rien non plus : elle s'adresse en réalité à ceux qui la manipulent.

Une consécration qui se mesure au sacrilège. L'argument est purement négatif, et c'est ce qui le rend efficace : le texte ne dit pas ce que vaut le calice, il dit ce que coûte d'y toucher mal. C'est la seule manière de parler de sa propre valeur sans se vanter — la parabole permet à Jésus de dire, à la place de Valtorta, ce qu'elle ne pouvait pas dire elle-même.

Le contexte matériel n'est pas anecdotique. Le chapitre s'ouvre sur le récit des visites de la veille — dix personnes dans la chambre, quatorze heures sans une minute de liberté, une nuit de douleurs atroces — et se ferme sur l'aveu que Jésus l'a fait lever avant le jour pour écrire, parce qu'après « il ne reste plus de temps libre ». Entre les deux, une parabole sur des visiteurs qui entrent chez l'orfèvre et repartent avec ce qui brille. Le rapprochement n'est jamais fait par le texte.

Résonances bibliques

  • 2 Timothée 2, 20-21 — « dans une grande maison, il n'y a pas seulement des vases d'or et d'argent, mais aussi de bois et de terre […] si quelqu'un se purifie, il sera un vase noble, utile au maître ». Le rapprochement est le plus direct, avec le même critère : l'usage, non la matière.
  • Daniel 5, 1-30 — Balthazar buvant dans les vases pris au Temple : le sacrilège commis sur un objet consacré, et sa sanction immédiate. C'est le précédent biblique exact de la question posée par Jésus.
  • Marc 12, 41-44 — les oboles de la veuve : la monnaie dont le prêtre achète son calice est faite de ces pièces-là.
  • 2 Corinthiens 4, 7 — « nous portons ce trésor dans des vases d'argile, pour que cette extraordinaire puissance soit de Dieu et non de nous. »
  • Matthieu 26, 27-28 — « ceci est mon sang, le sang de l'Alliance », dont la formule liturgique reprise par le prêtre est l'écho.
  • Matthieu 11, 15 — « celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende », par quoi Jésus clôt la parabole sans en désigner les destinataires.
Parabole des calices de l'orfèvre — Les paraboles de Jésus