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37Troisième année de vie publiqueChapitre 445La parabole est prononcée par un autre que Jésus.

Parabole de la vigne au milieu du monde

Troisième année de vie publique — Tibériade, dans la maison du batelier Joseph, où la troupe s'est réfugiée pendant un violent orage d'été. La conversation roule sur les vignes que la sécheresse abîme ; Simon le Zélote y voit matière à parabole, et Jésus lui ordonne de la composer lui-même.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 445

Le récit

Un homme possédait un beau plant de vigne, mais aucun vignoble où le mettre. Il le planta donc dans le jardinet attenant à sa maison et le fit grimper jusqu'à la terrasse, pour l'ombre et pour les grappes, en le surveillant de près.

Seulement la vigne poussait entre les maisons, au bord de la rue. La fumée des cuisines montait sur elle, la poussière du chemin s'y déposait. Tant que durèrent les pluies de printemps, il n'y parut rien : les feuilles se lavaient d'elles-mêmes et profitaient de l'air et du soleil. Mais l'été vint, les pluies cessèrent, et les dépôts s'accumulèrent en croûtes épaisses tandis que le soleil brûlait ce qu'il ne pouvait plus atteindre.

Le propriétaire fit ce qui semblait raisonnable : il arrosa les racines. La vigne ne mourut pas — elle végéta. L'eau donnée par le bas remontait dans le tronc et les branches, et le feuillage n'en voyait rien ; du sol à peine humecté montaient même des fermentations qui tachaient les feuilles de pustules.

Il fallut une grande pluie tombée du ciel, qui prit la plante par le haut et courut le long des feuilles, des grappes, du tronc. L'orage passé, la vigne était nette et fraîche.

La morale

◆ Prononcée par Simon le Zélote, non par Jésus.

C'est la singularité du chapitre. Jésus refuse deux fois de parler : d'abord de dire la parabole, puis, celle-ci racontée, d'en donner l'application, qu'il exige de l'apôtre en écartant d'avance l'objection de l'amour-propre :

« Raconte-la comme tu peux. Il vous sera très utile de prêcher en paraboles. Habituez-vous. »

EMV 445.9

Simon s'exécute. La vigne est l'homme qui vit non pas à l'abri mais au milieu de la fumée du monde ; la croûte d'humanité qui le recouvre lui rend inutiles la brise de Dieu et le soleil de la Sagesse ; et il compense en vain par un peu d'eau puisée dans les pratiques, versée si bas que la partie haute n'en profite pas. Il conclut par une menace :

« Malheur à l'homme qui ne se purifie pas avec l'eau du Ciel qui lave des impuretés, éteint l'ardeur des passions, et nourrit vraiment le moi tout entier. »

EMV 445.10

Jésus approuve, puis ajoute la phrase qui manquait, et elle renverse tout : l'arbre, fixé au sol et privé de choix, ne peut ni chercher ce qui lui sert ni fuir ce qui lui nuit ; l'homme, lui, peut aller au-devant de l'eau du ciel. Sans ce correctif, la parabole enseignait la patience d'un végétal ; avec lui, la responsabilité.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Un apôtre à l'exercice. Très peu de chapitres montrent aussi concrètement la formation des Douze. Jésus ne fournit pas un modèle à imiter : il fait produire, puis corrige, en garantissant d'avance la correction. Le dispositif suppose qu'on accepte de mal faire devant les autres — ce que Simon accorde en disant que l'humiliation lui servirait, et ce que refusait, quelques heures plus tôt dans le même chapitre, l'apôtre à qui Jésus proposait de s'ouvrir.

Le correctif est le vrai enseignement. La parabole de Simon est irréprochable de facture et fausse d'esprit : elle installe l'homme dans la condition d'une plante qui attend l'orage. L'ajout de Jésus tient en une phrase et change le sujet du récit — non pas fournir l'image, mais empêcher qu'elle enseigne autre chose que ce qu'elle semble dire.

L'objection qui suit. Judas intervient aussitôt : puisqu'on ne peut vivre isolé, la contamination serait fatale. C'est exactement la position de la vigne, celle que Jésus vient de refuser à l'homme. Jean lui répond que l'eau du ciel s'appelle l'amour et qu'elle est toujours disponible. Le texte ne souligne pas ce raccord ; il est pourtant serré.

Résonances bibliques

  • Isaïe 5, 1-7 — le chant de la vigne : le propriétaire fait tout ce qu'il fallait et n'obtient que du verjus. Le reproche y porte sur le fruit, ici sur le feuillage.
  • Jean 15, 1-8 — la vigne et les sarments : chez Jean tout se joue dans l'attache au cep ; ici, au contact du monde.
  • Jean 7, 37-38 — « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive » : l'eau qu'il faut aller chercher, et non attendre — le correctif même apporté par Jésus.
Parabole de la vigne au milieu du monde (dite par Simon le Zélote) — Les paraboles de Jésus