Parabole de la formation apostolique
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 93
Le récit
« À quoi comparerai-je la formation apostolique ? À la nature qui nous entoure. » Jésus prend trois images, tirées de ce que ses auditeurs ont sous les yeux ou dans la mémoire immédiate.
La terre en hiver. Elle paraît morte, mais à l'intérieur les graines travaillent, la sève se nourrit d'humidité et gonfle les racines — « les rameaux souterrains », dit Jésus — pour préparer les floraisons à venir. « Vous aussi, vous êtes comparables à cette terre hivernale : nue, aride, grossière. » Le semeur est passé et a jeté sa semence ; le cultivateur est passé et a sarclé autour du tronc, « planté dans une terre aussi dure et rugueuse que lui », pour que la nourriture atteigne les racines.
L'orage de la veille. Il semblait une violence inutile. Voyez le bien qu'il a fait : l'air est plus pur, sans poussière ; le soleil est le même qu'hier, mais il n'a plus « la même ardeur fiévreuse », parce que ses rayons traversent des couches d'air rafraîchies. Et Jésus applique :
« Que sont les discordes sinon des orages provoqués par des nuages de différentes espèces ? Et ces nuages ne s'accumulent-ils pas insensiblement dans les cœurs, par des mauvaises humeurs inutiles, de petites jalousies, des orgueils ombrageux ? Puis vient le vent de la grâce qui les rassemble pour qu'ils se déchargent […] et il ramène la sérénité. »
EMV 93.4
Le travail de Pierre au jardin. Redresser, rattacher, étayer ou délier, « selon les tendances et les besoins ». Cinq opérations, une par défaut : redresser les idées fausses, maîtriser les excès charnels, soutenir les faiblesses, modérer les penchants, libérer des servitudes et des timidités.
La morale
● Énoncée par Jésus lui-même, et elle culmine sur une image de vol.
« Vous devez être libres et forts, comme des aigles qui abandonnent la cime où ils sont nés pour ne penser qu'à voler toujours plus haut. Le service de Dieu, c'est le vol. La cime, ce sont les affections… »
EMV 93.4
La formation n'a donc pas pour but de rendre bon, mais de rendre capable de partir. Les trois images convergent : l'hiver prépare un fruit qu'on ne voit pas encore, l'orage détruit pour assainir, le jardinier contraint l'arbre pour le rendre droit. Aucune ne présente le travail comme agréable ; toutes le présentent comme nécessaire, et toutes le disent invisible sur le moment.
Pistes de lecture
○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.
Trois images pour un seul sujet, empruntées à trois échelles. La saison, la journée, la matinée. Jésus part du plus lointain — le cycle annuel — pour arriver à ce que Pierre a fait de ses mains deux heures plus tôt. Le mouvement resserre progressivement l'image sur les auditeurs, jusqu'à ce que l'un d'eux se reconnaisse en jardinier de ses propres compagnons.
La discorde est traitée comme un phénomène météorologique. C'est le point le plus inattendu : les querelles entre disciples ne sont pas d'abord un péché à réprimer, mais une décharge nécessaire de ce qui s'était accumulé « insensiblement ». Jésus pose pourtant une condition qui empêche toute complaisance : « Même les discordes servent à atteindre une plus exacte connaissance et une plus grande clarté. Autrement, elles ne seraient que méchancetés. » Ce qui justifie l'orage, c'est l'air pur qu'il laisse ; s'il n'assainit pas, il n'est que du mal.
Le nid qu'il faut quitter, c'est la famille. « La cime, ce sont les affections. » Dit dans le jardin de la maison de Nazareth, assis à côté de sa Mère, devant des hommes dont plusieurs viennent de quitter femme et barque. L'image de l'aigle qui abandonne la cime natale est prononcée à l'endroit précis où Jésus a lui-même vécu trente ans.
Ce qui suit donne la mesure. Aussitôt après, Jésus parle d'un disciple dont le père se meurt, hostile à la foi de son fils, et qui ne dira jamais les paroles qu'on espérerait de lui. « Je suis venu et j'ai attendu, tout en sachant l'inutilité de cette attente, pour qu'un jour son fils ne me dise pas : “ Ah, pourquoi n'es-tu pas venu ? ” » Voilà l'orage réel dont il vient d'être question — une famille coupée « comme sous l'effet d'un couteau qui sépare des faisceaux de fibres ». La théorie de la formation est immédiatement suivie de son coût.
Résonances bibliques
- Jean 15, 1-2 — « Tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde afin qu'il en porte davantage » : la taille comme soin, non comme punition.
- Marc 4, 26-29 — la semence qui germe sans qu'on sache comment : le travail souterrain de l'hiver.
- Deutéronome 32, 11 — l'aigle qui excite sa nichée à voler et l'emporte sur ses ailes.
- Isaïe 40, 31 — « Ils prendront leur envol comme des aigles. »
- Matthieu 10, 37 — « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi » : la cime qu'il faut quitter.
- Hébreux 12, 11 — toute correction « paraît sur le moment un sujet de tristesse, et non de joie ; mais elle produit ensuite un fruit de paix ».
- Romains 5, 3-4 — la tribulation qui produit la persévérance : l'orage utile.
Passages cités : Maria Valtorta, L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 93 — © Centro Editoriale Valtortiano. Le texte intégral est disponible aux éditions du CEV.