Parabole de la femme qui enfante
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 600
Le récit
C'est la plus courte de toutes, et Jésus l'annonce pour ce qu'elle est :
« Vous murmurez entre vous et dans votre cœur. Ecoutez une parabole, la dernière de votre Maître. »
EMV 600.35
Quand une femme a conçu et que vient l'heure d'enfanter, elle est dans une grande affliction : elle souffre et elle gémit. Mais une fois l'enfant né, une fois qu'elle le serre sur son cœur, toute peine cesse et sa douleur se change en joie — parce qu'un homme est venu au monde.
Il n'y a pas d'intrigue, pas de personnages à démêler, pas de retournement à interpréter. Une seule expérience humaine, universellement connue, où la douleur n'est pas supprimée après coup mais convertie par ce qu'elle produit.
La morale
● Énoncée par Jésus lui-même, immédiatement et sans détour.
L'application suit la comparaison dans la même phrase :
« Vous de même, vous pleurerez et le monde se gaussera de vous. Mais ensuite votre tristesse se changera en joie, une joie que le monde ne connaîtra jamais. Vous êtes maintenant dans la tristesse, mais quand vous me reverrez, votre cœur se réjouira et personne ne pourra vous ravir votre joie. »
EMV 600.35
La leçon n'est pas la consolation ordinaire — « après la pluie le beau temps ». Le verbe est se changer : la même douleur devient la joie, comme le travail de l'enfantement devient l'enfant. Rien n'est effacé, tout est transformé.
Jésus tire ensuite deux conséquences pratiques. La joie sera si pleine qu'elle éteindra jusqu'au besoin de demander quoi que ce soit — « vous vous repaîtrez seulement de ma vue, oubliant toute autre chose ». Et à partir de là, la prière est exaucée sans réserve : « Demandez, et vous recevrez. »
Pistes de lecture
○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.
Une parabole en réponse à un murmure. Elle ne naît pas d'une question posée mais d'un malaise non formulé : « Vous murmurez entre vous et dans votre cœur. » Jésus répond à ce qui n'a pas été dit. C'est la situation inverse de la plupart des paraboles, provoquées par une objection ou une demande explicite.
La dernière image est une naissance. Quelques heures avant d'être livré, Jésus choisit, pour clore trois ans d'enseignement en paraboles, non pas une image de moisson, de jugement ou de royaume, mais celle d'une femme qui accouche. La série qui s'était ouverte sur un roi et son cheval se referme sur une chambre d'accouchée.
Le seul rôle féminin en position de sujet. Dans le corpus des paraboles, les femmes sont rares et généralement secondaires — les dix vierges qui attendent, la femme qui balaie sa maison pour retrouver sa drachme, la veuve qui harcèle un juge. Ici, la femme n'attend ni ne cherche : elle produit. Et c'est aux Onze qu'il est dit qu'ils lui ressembleront.
Ce que la parabole ne dit pas. Elle s'arrête à la joie de la mère et n'évoque jamais l'enfant pour lui-même. Si l'on prolongeait l'image — ce que le texte se garde de faire —, il faudrait demander ce qui naît de cette douleur-là ; la réponse serait l'Église, dont Jésus vient précisément de dire qu'elle recevra le Paraclet. Le texte laisse le rapprochement disponible sans l'énoncer.
L'aveu qui suit. Les apôtres s'exclament aussitôt : « Maintenant, tu t'expliques ! Vraiment, tu viens de Dieu ! » Et Jésus leur répond avec une lassitude désarmante : « Vous croyez à présent ? À la dernière heure ? Cela fait trois ans que je vous parle ! » Puis il annonce dans la foulée qu'ils vont se disperser et le laisser seul. La dernière parabole est comprise — et la compréhension n'empêchera rien.
Résonances bibliques
- Jean 16, 21-22 — le texte johannique de cette parabole, dans le même discours d'adieu et dans les mêmes termes : « La femme, lorsqu'elle enfante, est dans la douleur… »
- Isaïe 26, 17-19 — la femme en travail comme figure d'Israël dans l'épreuve, suivie de l'annonce de la résurrection des morts.
- Isaïe 66, 7-14 — Sion qui enfante, et la promesse : « Vous verrez, et votre cœur se réjouira. » La reprise est presque littérale.
- Romains 8, 22-23 — la création tout entière qui « gémit dans les douleurs de l'enfantement » : la même image élargie au cosmos.
- Apocalypse 12, 1-5 — la femme qui crie dans les douleurs de l'accouchement, et l'enfant enlevé vers Dieu.
- Genèse 3, 16 — les douleurs de l'enfantement comme conséquence de la faute : la parabole en retourne le signe, la peine devenant la matrice de la joie.
Passages cités : Maria Valtorta, L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 600 — © Centro Editoriale Valtortiano. Le texte intégral est disponible aux éditions du CEV.