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66Deuxième année de vie publiqueChapitre 172Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole de l'enfant malade et du médecin

Deuxième année de vie publique — Sur la montagne, pendant le quatrième sermon ; Jésus enseigne sur la prière, et vient d'aborder le cas le plus douloureux — celui de la prière qui reste sans réponse.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 172

Le récit

Un jeune enfant souffre des intestins. Sa mère appelle le médecin, qui pose son diagnostic : pour qu'il guérisse, il lui faut une diète absolue.

L'enfant pleure, crie, supplie, paraît s'affaiblir. La mère — « toujours pleine de pitié » — joint ses lamentations à celles de son fils. Cette interdiction lui paraît de la dureté ; elle est persuadée que ce jeûne et ces larmes vont nuire à son enfant.

Le médecin reste inexorable. Puis il tranche :

« Femme, moi je sais, toi tu ne sais pas. Veux-tu perdre ton enfant ou veux-tu que je le sauve ? »

EMV 172.7

La mère crie : « Je veux qu'il vive ! » — « Dans ce cas, je ne peux autoriser de nourriture. Ce serait sa mort. »

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, avant et après le récit.

L'application encadre la parabole. Avant, Jésus a rapporté deux plaintes qu'il a réellement entendues : celle de ceux qui, plus tard, reconnaissent que le refus valait mieux — « cette grâce m'aurait empêché d'arriver à cette heure de Dieu » — et celle de ceux qui protestent : « Pourquoi ne m'exauces-tu pas ? Tu l'accordes aux autres mais pas à moi ! » Et il avoue ce qu'il leur a répondu :

« Bien que j'aie souffert de voir souffrir, j'ai pourtant dû répondre : “ Je ne le peux pas ”, car les exaucer aurait signifié entraver leur vol vers la vie parfaite. »

EMV 172.7

Après le récit, l'application est nommée sans ménagement :

« Vous, en mères pleines de pitié pour votre moi, vous ne voulez pas l'entendre pleurer parce qu'on vous refuse une grâce. Mais Dieu dit : “ Je ne le peux pas. Ce serait mauvais pour toi. ” »

EMV 172.7

Et la leçon se referme sur une prophétie de gratitude : « Un jour viendra — si ce n'est l'éternité — où on en viendra à dire : “ Merci, mon Dieu, de ne pas avoir écouté ma sotte demande ! ” »

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Un « je ne peux pas » qui n'est pas une impuissance. Jésus prend soin de le préciser : « Ce n'est pas qu'il ne puisse accomplir l'acte immédiat. Mais il s'y refuse parce qu'il en connaît les conséquences futures. » Le refus divin est donc formulé comme une impossibilité, alors qu'il est une décision. C'est exactement le langage du médecin, qui pourrait autoriser la nourriture et dit qu'il ne le peut pas.

Le lecteur n'est pas l'enfant. C'est la finesse du dispositif. On s'attendrait à ce que le croyant qui prie soit l'enfant malade ; Jésus en fait la mère — celle qui s'apitoie, qui trouve le médecin dur, et qui plaide contre l'intérêt de celui qu'elle aime. Chacun est mis en position de sa propre nourrice attendrie : « en mères pleines de pitié pour votre moi ». On ne souffre pas seulement, on se dorlote.

Le médecin ne s'explique pas. Il ne détaille ni la maladie ni le mécanisme de la guérison. Il pose une asymétrie de savoir — « moi je sais, toi tu ne sais pas » — et une alternative brutale. L'obéissance demandée ne repose pas sur la compréhension mais sur la confiance dans une compétence. Appliquée à la prière, la conséquence est rude : la raison du refus ne sera pas donnée sur le moment.

Ce qui suit dans le sermon. Jésus enchaîne aussitôt sur le jeûne — et prescrit de jeûner l'air gai, le visage lavé, la barbe ointe, « avec sur les lèvres le sourire de quelqu'un qui a bien déjeuné ». La diète imposée par le médecin et le jeûne joyeux se répondent à une phrase d'intervalle : dans les deux cas, la privation est un traitement, non un malheur.

Puis il passe aux actes. Le sermon fini, Jésus retient deux mendiants, une femme décharnée et un vieillard de quatre-vingts ans, va les chercher par la main et les sert lui-même. Le vieil homme mendie pour pouvoir monter à la Pâque, qui sera sans doute la dernière ; il chemine seul, et si le mal le prend en route, dit-il, « l'ange de Dieu me fermera les yeux ». Voilà, à trois lignes de la parabole, quelqu'un dont la prière n'a manifestement pas été exaucée, et qui ne se plaint pas.

Résonances bibliques

  • 2 Corinthiens 12, 7-9 — l'écharde que Paul demande trois fois de voir ôtée, et la réponse : « Ma grâce te suffit. » Le cas typique de la demande refusée pour un plus grand bien.
  • Matthieu 7, 9-11 — le père qui ne donne pas une pierre à qui demande du pain : la parabole en est le contrepoint exact, puisqu'ici le bon père refuse précisément le pain.
  • Matthieu 20, 22 — « Vous ne savez pas ce que vous demandez. »
  • Hébreux 12, 5-11 — la correction du Père, « pénible sur le moment », qui produit ensuite « un fruit de paix et de justice ».
  • Romains 8, 26 — « Nous ne savons pas ce qu'il faut demander pour prier comme il faut. »
  • Matthieu 6, 16-18 — le jeûne au visage lavé et à la tête parfumée, que Jésus enchaîne immédiatement après.
Parabole de l'enfant malade et du médecin — Les paraboles de Jésus