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Parabole de l'évangile reprise et commentéeCahiers de 1943Chapitre 42Le 29 juin

Le jeune homme riche

Les Cahiers de 1943 — 29 juin 1943. Le lendemain de la dictée sur le banquet de noces, Jésus annonce à Maria Valtorta : « Je vais illustrer une phrase pour toi, une seule, mais qui a des significations très vastes. » Le sens d'une parole évangélique, dit-il, « se propage comme un son en cercles concentriques, toujours plus vastes ». Il revient en fin de chapitre sur l'âme anonyme dont elle a pris la place aux noces.
Les Cahiers de 1943, chapitre 42

Ce que Jésus en fait

La phrase est celle que Jésus adresse au jeune homme riche : « Va, vends ce que tu possèdes et suis-moi ». Le commentaire ne porte pas sur l'épisode ni sur le jeune homme, mais sur l'élargissement de ce que l'on possède, en trois cercles.

Le premier est celui qu'on entend d'ordinaire, et Jésus l'écarte aussitôt comme insuffisant : « Vous avez cru que je vous donnais le conseil évangélique de la pauvreté. Oui, mais pas de la pauvreté comme vous l'entendez ; pas uniquement celle-là. » L'argent, les terres, les palais, les bijoux coûtent à quitter, mais on sait s'en dépouiller — et pas seulement pour Dieu : « Combien de femmes n'ont-elles pas tout vendu pour garder leur mari ou leur amant […] ? »

Le deuxième cercle est la vie elle-même. Soldats, scientifiques, politiciens, promoteurs de doctrines sociales « s'immolent tous les jours pour leur idéal, vendant leur vie, donnant leur vie pour la beauté, ou ce qu'ils jugent être la beauté, d'une idée ». Ils s'appauvrissent « de la richesse de leur vie ». Jésus conclut : « Renonciation beaucoup plus grande que celle des richesses matérielles. »

Le troisième est le cœur du chapitre : « La richesse intellectuelle. Sa propre pensée ! Comme on y tient ! » Elle est plus grande et plus pure parce qu'immatérielle, et surtout parce qu'elle ne vient pas de celui qui la porte : « Lorsqu'elle s'allume en vous, elle provient du centre du Ciel où je suis, moi, Un Dieu en Trois Personnes. Il est donc injuste que vous disiez : ‘Cette pensée est à moi’. » D'où la règle qui suit :

« Lorsque quelqu'un trouve un trésor, s'il est honnête, il se hâte de le remettre à qui de droit et ne le garde pas coupablement pour soi. Celui qui trouve le Trésor, ma Voix, doit la remettre à ses frères et sœurs. C'est le trésor de tous. »

Les Cahiers de 1943, chapitre 42

Suit une charge contre l'avarice, y compris dévote — ceux qui prient, gagnent des indulgences et communient « pour eux-mêmes » : « Jamais une pensée pour les autres. » Ils ne seront pas damnés, mais devront gagner le Paradis « par des siècles de Purgatoire ».

L'application à la destinataire tient en deux phrases, et elle est de l'ordre de l'avertissement : « Et maintenant, ma petite qui es jalouse de mes secrets, règle ta conduite. Ne transforme pas les richesses que je te donne en richesses injustes. » Ce que le jeune homme de l'Évangile devait vendre, elle doit le transmettre : les paroles qu'elle reçoit ne lui appartiennent pas. « Car je parle à un pour tous. »

Le chapitre se clôt sur un retour au commentaire de la veille. L'âme dont Maria Valtorta a pris la place aux noces n'est pas, précise Jésus, « une âme consacrée dont la vocation vacille », mais « une créature faible que j'avais élue, mais qui écouta les voix des créatures plus que la mienne et qui, pour de mesquines considérations humaines, perdit le trône dans la maison de l'Époux ».

La parabole d'origine

Ce n'est pas une parabole, et le texte ne le prétend pas : le chapitre s'ouvre sur « Aujourd'hui aussi, je vais te parler en me référant à l'Évangile », et ce qui est commenté est une phrase, non un récit. L'épisode est rapporté par Matthieu 19, 16-22, Marc 10, 17-22 et Luc 18, 18-23 : un homme riche demande ce qu'il faut faire pour avoir la vie éternelle, dit avoir observé les commandements depuis sa jeunesse, et s'entend répondre qu'il lui manque une chose — vendre ses biens, les donner aux pauvres, puis suivre. Il s'en va tout triste, « car il avait de grands biens ».

Le commentaire en déplace l'objet et l'issue. L'objet : la possession à vendre n'est plus le patrimoine mais la pensée, et singulièrement les paroles reçues, dont la rétention devient une forme d'avarice. L'issue : dans l'Évangile, l'homme refuse et s'éloigne, et Jésus le laisse partir ; ici, la destinataire ne s'éloigne pas — elle reçoit une consigne de conduite pour le présent, et le récit reste ouvert.

Le jeune homme riche — Les paraboles de Jésus