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Parabole de l'évangile reprise et commentéeCahiers de 1943Chapitre 135Le 4 octobre

Le figuier stérile

Les Cahiers de 1943 — 4 octobre 1943. La mère de Maria Valtorta vient de mourir. Jésus ouvre la dictée par « Quand on est deux à porter une peine, elle est plus légère. Je suis avec toi », parle du martyre du cœur et du monde qui pourra prendre ce calme pour de l'indifférence, puis annonce la parabole.
Les Cahiers de 1943, chapitre 135

Ce que Jésus en fait

L'annonce elle-même est déjà l'application : « En cette heure, je te présente une de mes paraboles. C'est celle du figuier stérile. Ne pleure pas, Maria. Tu sais déjà à qui je fais allusion. Ne pleure pas. » Le récit n'est pas raconté. Il est supposé connu, et directement rapporté à une personne — la mère de la destinataire, morte à l'heure où le texte s'écrit.

Ce que le commentaire dit du passé tient en deux temps. D'abord le sursis, répété :

« L'heure de son jugement devait être bien avant maintenant. Et je suis venu deux fois au long de tes années de douleur pour observer cette plante spirituelle que même tes prières n'arrivaient pas à induire à produire des fruits de vie éternelle. Et les deux fois, j'avais dans la main la hache prête à abattre cette vie qui résistait aux invitations de la Grâce. Et les deux fois, j'ai retenu le coup pour permettre à cette âme de ne pas venir à moi dépourvue de bonnes œuvres, accomplies l'âme réconciliée avec moi. »

Les Cahiers de 1943, chapitre 135

Ensuite le soin donné, qui reprend le geste du vigneron de l'Évangile — bêcher et mettre du fumier — mais transposé aux sacrements : « J'ai préparé les moyens pour un dernier travail. J'ai envoyé mon serviteur pour accomplir la mystique fertilisation de cette âme à travers le Sacrement, les Sacrements dans lesquels coule mon Sang et ma Chair devient nourriture pour vous donner le salut, le pardon et la vie éternelle. » Et une phrase associe la fille au travail : « J'ai tout fait de ce qu'on pouvait faire sur ce sujet pour opérer le miracle d'orner de fruits cet esprit sur le point de se présenter devant moi. Et tu m'as aidé. »

La mort est alors présentée non comme une sanction mais comme une récolte anticipée, faite pour protéger le peu qui a mûri :

« Je l'ai prise maintenant parce qu'elle ne pouvait donner plus ; si je l'avais laissée plus longtemps, le vent des sentiments humains, avec son souffle chaud de ressentiments et d'égoïsme, aurait brûlé les fruits que mon amour et le tien avaient produits. »

Les Cahiers de 1943, chapitre 135

Le chapitre se ferme sur trois indications adressées à la fille, et non à la morte. Une reconnaissance qui n'a pas eu lieu et que Jésus prend à son compte : « Elle ne t'a pas dit merci. Mais je te le dis pour elle. Et maintenant, elle te le dit déjà, car ma Lumière lui a illuminé des horizons que son humanité lui voilait. » Une consigne : « Continue à prier et à souffrir pour elle. Et espère en moi. » Et une phrase finale qui ne cherche pas à corriger le passé mais à lui substituer autre chose : « Tu es dans mes bras qui sont plus doux que ceux de ta mère. »

La parabole d'origine

Luc 13, 6-9. Un homme a un figuier planté dans sa vigne ; il vient y chercher du fruit et n'en trouve pas. Il dit au vigneron : voici trois ans que je viens, coupe-le, pourquoi occupe-t-il la terre inutilement ? Le vigneron demande un délai d'un an : il bêchera autour, mettra du fumier, « et si elle donne du fruit à l'avenir, c'est bien ; sinon, tu la couperas ».

Le commentaire déplace d'abord la distribution des rôles. Chez Luc, deux personnages s'opposent — le maître qui veut couper, le vigneron qui intercède — et c'est de cet écart que naît le sursis. Ici les deux sont un seul : c'est le même qui tient la hache et qui donne « les mêmes soins que le vigneron à la plante paresseuse », le même qui décide de la couper et qui retient son bras. Il déplace ensuite l'issue. La parabole évangélique s'arrête sur une alternative ouverte, et personne ne sait ce qu'il advint du figuier. Ici l'histoire est achevée au moment où elle est racontée : l'arbre a fini par porter, il a été pris, et le résultat est communiqué à celle qui a prié. Il déplace enfin le destinataire : la parabole de Luc s'adresse à une foule appelée à se convertir tant qu'il est temps, et vaut avertissement ; celle-ci s'adresse à quelqu'un pour qui le temps est écoulé — non l'arbre, mais sa fille — et vaut consolation.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Une parabole appliquée à une personne identifiée. C'est ce qui rend ce passage singulier dans le corpus. Ailleurs, les figures des paraboles désignent des catégories : les élus, les pécheurs, les tièdes. Ici le figuier est quelqu'un — une femme réelle, morte au moment où la dictée est reçue, dont le texte ne donne pas le nom mais que la destinataire identifie immédiatement (« Tu sais déjà à qui je fais allusion »). Le procédé ordinaire de la parabole, qui protège en généralisant, fonctionne à l'envers : il nomme sans nommer.

Le nombre de sursis a changé. Chez Luc, le maître vient trois années de suite et obtient un quatrième délai ; l'insistance porte sur la longueur de l'attente. Ici, « je suis venu deux fois », et les deux fois la hache est déjà levée. Le compte n'est plus celui d'une patience qui s'épuise année après année, mais celui de deux décisions suspendues — deux moments où la vie de cette femme aurait pu s'arrêter et ne s'est pas arrêtée. Le lecteur n'apprend pas quand.

Ce que la figure permet de ne pas dire. Trois mois plus tôt, au chapitre 53, Jésus s'interrompait à propos de la même personne : « Je ne t'en dis pas plus, car tu es sa fille et je ne voudrais pas qu'ensemble nous manquions à l'honneur dû à une mère. » Le figuier stérile permet de tenir la même réserve tout en parlant : le vocabulaire est horticole — une plante « paresseuse », une « mystique fertilisation » à accomplir —, il constate l'absence de fruits sans qualifier de faute, et il attribue tout le reste au vigneron. La parabole est ici un instrument de retenue autant que d'explication.

Une phrase laissée sans sujet. Vers la fin, une incise dit que « le vent des sentiments humains, avec son souffle chaud de ressentiments et d'égoïsme, aurait brûlé les fruits ». Le texte ne dit pas de qui viendrait ce vent, ni s'il souffle du dehors ou du dedans. C'est la seule allusion à ce qui rendait la relation difficile, et elle reste sans attribution. Le passage ne tranche pas, et il vaut mieux ne pas trancher à sa place.

Le figuier stérile — Les paraboles de Jésus