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A22Leçons aux RomainsChapitre 16Leçon n° 16 — Rm 5, 5.SimilitudeLa parabole est prononcée par un autre que Jésus.

Similitude du roi et de l'enfant pauvre absorbé sous son manteau

Leçons aux Romains — leçon n° 16, sur Romains 5, 5, le verset où Paul dit que l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. Dictée du 13 février 1948. Le Très-Divin Auteur vient de célébrer Marie comme seconde Ève et nouveau paradis terrestre, puis d'affirmer que c'est par elle que les hommes ont reçu l'Esprit Saint — celui qui « fait de chacun de vous véritablement un autre Christ ». Il énonce alors la loi que la similitude va illustrer : « Le mineur s'efface devant le majeur, il en est absorbé. »
Leçons sur l'Épître de saint Paul aux Romains, leçon n° 16

Le récit

Un roi trouve dans la rue un enfant pauvre et nu. Il l'emmène chez lui, le fait monter sur son trône, et l'aime — le texte compte les degrés de cet amour : au point d'en faire son héritier, au point de le faire acclamer par la foule, au point de le tenir sous son manteau royal « pour que la foule ne puisse pas s'en moquer ».

De sorte que la foule ne voit rien. « Pour la foule qui regarde il n'y a que le roi dans sa majesté. » L'enfant acclamé est devenu invisible au moment même où on l'acclamait.

Et lui ne demande rien de plus. Il est « heureux de pouvoir disparaître dans son roi très bon » ; il se serre contre lui, « se serre au point de se perdre dans ses somptueux vêtements royaux ».

La morale

◆ Énoncée, mais pas par Jésus. Le locuteur est ici identifié sans ambiguïté : il parle du Christ à la troisième personne et se nomme lui-même au détour d'une phrase à Marie — « Par toi et par le Christ, moi, Esprit Saint. » La morale tient en une seule ligne, posée immédiatement après le récit :

« Ce serait là le meilleur symbole de la condition du chrétien devenu un “alter Christus”. »

Leçons sur l'Épître de saint Paul aux Romains, leçon n° 16

Elle reçoit ensuite deux applications successives, et dans cet ordre. La première est Marie : « De cette même façon Marie, enceinte de Dieu, sa créature, s'est sentie absorbée par le Tout qui était renfermé dans son sein. Elle ne voyait que lui. Elle ne portait que lui. » Ce qu'elle offrait à la vénération des hommes, précise le texte, c'était lui, « non sa propre personne ». La seconde application est le lecteur : « Vous aussi, ô chrétiens, fécondés par l'Esprit, devenez porteurs du Christ. » À condition, ajoute la phrase suivante, que « votre volonté seconde la volonté de l'Amour » — la disparition sous le manteau n'est pas subie, elle se consent.

Le terme d'arrivée est la prière de la dernière Cène, que le texte invoque explicitement : devenir « une seule chose » avec le Père, le Fils et l'Esprit qui les unit, et faire avec les Trois « une éternelle demeure ».

Le destinataire change trois fois en une seule leçon. Elle s'ouvre sur un « tu » singulier — « Je t'ai fait contempler les deux natures de Jésus » —, qui est Maria Valtorta, jamais nommée. Elle se poursuit par une longue adresse à la Vierge elle-même, également au singulier : « Tu te sentais la plus petite et pauvre de toutes les femmes. » Puis, à l'instant précis où commence la similitude, elle passe au pluriel : « Imaginez un roi… » Le récit du manteau est donc le seul moment de la leçon adressé à tout le monde.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Ne pas la confondre avec la parabole du roi et de l'enfant pauvre de l'Évangile tel qu'il m'a été révélé. Au chapitre 513 de L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, Jésus raconte lui aussi un roi qui recueille dans la rue un enfant misérable. Mais la suite n'a rien de commun : il y a là un savant orgueilleux, une salle au trésor, un pillage de gemmes et de manuscrits, et un enfant qui refuse tout pour ne demander qu'un petit rouleau poussiéreux enseignant la science de l'amour ; le sujet en est le choix de la sagesse contre la richesse. Ici, ni rival, ni trésor, ni choix : tout tient dans le manteau. Deux paraboles qui ne partagent que leur première phrase — le rapprochement est trompeur, et il vaut mieux l'avoir écarté une fois pour toutes.

Le manteau ne protège pas du froid, mais du regard. L'enfant est nu quand on le trouve, et l'on s'attendrait à ce que le roi le couvre pour cette raison. Or le texte donne un motif tout autre : « pour que la foule ne puisse pas s'en moquer ». Ce qui menace l'enfant adopté n'est pas la misère — elle est déjà réparée, il est héritier —, c'est d'être vu. Dans une image de la divinisation du chrétien, le danger est donc la visibilité, et le remède la disparition : on est acclamé, mais on n'est pas regardé.

Une similitude offerte au conditionnel. « Ce serait là le meilleur symbole » : la phrase hésite là où tout le reste du chapitre affirme. Le texte propose son image comme la moins mauvaise, et le paragraphe qui précède dit pourquoi il faut s'en méfier — le majeur éclipse le mineur « non pour le brimer, mais pour l'élever à un plus haut degré ». Le manteau, laissé à lui-même, suggérerait un enfant étouffé ; la précaution est prise avant l'image, pas après.

Le contenant et le contenu s'inversent en passant à Marie. Dans la similitude, le petit est à l'intérieur des vêtements du grand. Appliquée à Marie, la même absorption se produit dans l'autre sens : c'est le Tout qui est « renfermé dans son sein », et c'est elle, l'immense contenante, qui se sent absorbée par ce qu'elle contient. Le texte franchit ce renversement sans le remarquer, en une seule formule — « De cette même façon ». C'est le point le plus vertigineux de la page, et le plus discret.

Résonances bibliques

  • Romains 5, 5 — le verset de la leçon : l'amour de Dieu répandu dans les cœurs par l'Esprit Saint donné aux hommes. Toute la page en est le commentaire, y compris le manteau.
  • Ézéchiel 16, 4-14 — l'enfant nouveau-né abandonné dans les champs, que Dieu trouve, sur qui il étend le pan de son manteau, qu'il lave, habille et pare comme une reine : le décalque presque exact du récit, en plus ancien.
  • Galates 2, 20 — « ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi » : la leçon ne cite pas ce verset, mais l'« alter Christus » qu'elle nomme en est la traduction latine devenue courante.
  • Romains 8, 15-17 — l'Esprit d'adoption filiale par lequel nous crions « Abba, Père », et qui fait de nous des héritiers : les deux termes de la similitude, l'adoption et l'héritage, dans un seul passage. Le chapitre reprend le cri : l'Esprit « crie en leur nom : “Père” ».
  • Colossiens 3, 3 — « votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » : la formule paulinienne de ce que fait le manteau.
  • Jean 17, 21-23 — « qu'ils soient un comme nous sommes un » : la prière de la dernière Cène, que le texte désigne explicitement comme le terme de tout le mouvement.
Similitude du roi et de l'enfant pauvre absorbé sous son manteau — Les paraboles de Jésus