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105Troisième année de vie publiqueChapitre 596Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole du figuier qui bourgeonne

Troisième année de vie publique — Le mercredi saint. Jésus vient d'annoncer la ruine du Temple, puis la fin du monde : le soleil obscurci, la lune sans lumière, les étoiles tombant « comme les grains d'une grappe trop mûre secouée par un vent de tempête », le signe du Fils de l'homme apparaissant dans le firmament noirci.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 596

Le récit

Au milieu de ces images terribles, Jésus prend la plus paisible qui soit — un arbre en train de bourgeonner sous leurs yeux, en ce mois de Nisan.

« Regardez le figuier : quand vous voyez ses branches s'attendrir et des feuilles pousser, vous savez que l'été est proche. De même, quand vous verrez tous ces signes, sachez que le Christ va venir. »

EMV 596.47

Il enchaîne aussitôt sur deux autres comparaisons qui en précisent la portée.

Le temps de Noé. Avant le déluge, les hommes mangeaient, buvaient, se mariaient, « sans réfléchir au signe », jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche. Il en sera de même.

Les deux au travail. Deux hommes seront dans un champ, l'un pris, l'autre laissé ; deux femmes tourneront la meule, l'une prise, l'autre laissée — « et ils n'auront pas le temps de se préparer au jugement du Christ ».

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même, en deux affirmations qui se tiennent en tension.

D'un côté, la certitude absolue :

« Ma parole ne sera pas prise en défaut. Ce que je dis sera. Le cœur et la pensée des hommes peuvent changer, mais ma parole est immuable. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. »

EMV 596.47

De l'autre, l'ignorance revendiquée : « Quant au jour et à l'heure précise, personne ne les connaît, pas même les anges du Seigneur, mais le Père seul. »

D'où le seul comportement possible, qui est la leçon même du figuier : « Veillez donc, car vous ne savez pas à quelle heure viendra votre Seigneur. »

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Une image douce dans un discours de catastrophe. Tout autour, ce sont les astres qui tombent, les nations qui pleurent, les anges qui moissonnent. Et au milieu, un homme dit : regardez cet arbre qui bourgeonne. Le contraste est le sujet — la fin du monde est annoncée avec le vocabulaire du printemps, et l'événement redouté est comparé à l'été, c'est-à-dire à ce qu'on attend avec plaisir.

Le signe n'est pas un avertissement, c'est une échéance. Un figuier qui bourgeonne ne prévient de rien : il indique une saison en cours. La parabole ne promet donc pas qu'on sera averti à temps pour se préparer — elle dit qu'au moment où l'on verra les signes, la chose sera déjà là. Ce que les exemples suivants confirment : ceux qui sont pris au champ ou à la meule « n'auront pas le temps de se préparer ».

Deux ignorances différentes. Les contemporains de Noé ne savaient pas parce qu'ils ne réfléchissaient pas au signe donné ; les disciples ne sauront pas parce que le jour est réservé au Père. La première est une faute, la seconde une condition. La veille demandée ne consiste donc pas à calculer, mais à se tenir prêt pour une date qu'on ne calculera jamais.

Le figuier, une dernière fois. Deux jours plus tôt, sur le chemin du Temple, Jésus a maudit un figuier couvert de feuilles et sans fruits. Ici, les feuilles qui poussent deviennent un signe favorable. L'arbre du corpus — celui de Bethsaïde qui s'était courbé vers le soleil, celui du Cédron qui n'avait que du feuillage, celui-ci qui annonce l'été — traverse tout l'Évangile sans que le texte fasse jamais le lien.

« Cette génération ne passera pas. » Jésus ajoute une précision que les Évangiles ne portent pas : cette génération qui n'a pas voulu de moi. La formule oriente l'échéance vers la ruine de Jérusalem plutôt que vers la fin du monde, dans un discours qui mêle délibérément les deux — il l'annonce d'ailleurs lui-même en cours de route : « je parle maintenant de la fin du temps et du monde ».

Résonances bibliques

  • Matthieu 24, 32-36 · Marc 13, 28-32 · Luc 21, 29-33 — la comparaison du figuier, « cette génération ne passera pas », et l'ignorance du jour et de l'heure.
  • Matthieu 24, 37-41 — les jours de Noé, les deux hommes au champ et les deux femmes à la meule.
  • Genèse 7, 11-23 — le déluge, et les cataractes du ciel qui s'ouvrent.
  • Daniel 7, 13-14 — « Je vis venir sur les nuées du ciel comme un Fils d'homme… on lui donna la domination. »
  • Joël 3, 13 — « Mettez la faucille, car la moisson est mûre ; venez, foulez, car la cuve est pleine. »
  • 1 Thessaloniciens 5, 2-6 — « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit… ne dormons donc pas, mais veillons. »
  • Ézéchiel 37, 1-14 — la vision des ossements desséchés qui reprennent vie : la résurrection annoncée par les prophètes, à laquelle Jésus renvoie.
Parabole du figuier qui bourgeonne — Les paraboles de Jésus