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23Deuxième année de vie publiqueChapitre 281Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole du bon Samaritain

Deuxième année de vie publique — Jérusalem, sous le portique des Païens, pendant la fête des Tentes ; un docteur de la Loi, assis à l'écart, se lève au milieu de la foule pour interroger Jésus sur la vie éternelle.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 281

Le récit

Un voyageur descend de Jérusalem vers Jéricho par les gorges de la montagne. Des brigands l'attaquent, le blessent gravement, lui prennent jusqu'à ses vêtements et l'abandonnent au bord du chemin, plus mort que vif.

Passe d'abord un prêtre qui rentre chez lui, son service au Temple achevé — l'encens du sanctuaire imprègne encore ses habits. Il regarde l'homme à terre, ne s'arrête pas, presse le pas.

Passe ensuite un lévite. Se souiller au contact du sang, lui qui doit servir au Temple ? Il relève son vêtement, jette au blessé un regard fuyant et remonte vers Jérusalem.

Vient enfin un Samaritain, qui redescend de Samarie vers le gué. Il aperçoit le sang, s'arrête, distingue le corps dans le jour qui baisse, met pied à terre. Il commence par ranimer l'homme avec un peu de vin fort, déchire son propre manteau pour en faire des bandes, nettoie les plaies au vinaigre, les oint d'huile, panse le tout avec soin. Puis il hisse le blessé sur sa bête et conduit lui-même l'animal à pied, soutenant l'homme et lui parlant pour le réconforter — sans se soucier de sa fatigue, et sans le moindre dégoût de porter secours à un Judéen. En ville, il le mène à l'auberge et le veille toute la nuit. À l'aube, le voyant mieux, il le confie à l'aubergiste, avance de l'argent, demande qu'on prenne soin de lui comme de lui-même et promet de rembourser le surplus à son retour — largement, si le travail a été bien fait.

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même.

Mais elle est arrachée à l'interlocuteur avant d'être formulée. Jésus énumère les trois passants et pose la question : lequel s'est fait le prochain du blessé ? Il ajoute, en une phrase, tout ce que le Samaritain n'a pas demandé — qui était cet homme, pourquoi il était là, ce que ce détour lui coûterait en temps et en argent, et jusqu'au risque d'être accusé de l'avoir lui-même frappé. Le docteur ne peut répondre qu'une chose : celui qui a fait miséricorde. La conclusion tombe alors, et elle noue les deux commandements que le docteur venait de réciter :

« Toi aussi, fais de même et tu aimeras ton prochain et Dieu dans le prochain, méritant ainsi la vie éternelle. »

EMV 281.10

L'entrée en matière mérite d'être notée : à la question « que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle ? », Jésus répond d'abord par un reproche direct — pourquoi vouloir le tenter, pourquoi vouloir mentir — avant de renvoyer l'homme à sa propre Loi.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

Le Samaritain arrive une page après avoir été annoncé. Juste avant, répondant à un scribe, Jésus venait de dire que des Samaritains posséderaient le Ciel tandis que de purs Israélites le perdraient. La parabole suivante met en scène exactement cela : un prêtre, un lévite, un Samaritain. Le récit ne fait pas qu'illustrer le commandement de l'amour, il vérifie l'affirmation qui vient d'être lancée sous le portique du Temple — et devant des membres du Sanhédrin.

La pureté rituelle comme motif explicite. Luc ne dit pas pourquoi le prêtre et le lévite passent outre ; le lecteur le devine. Ici le motif est nommé : le lévite écarte son habit pour ne pas se souiller de sang. Et le prêtre est décrit sortant du Temple, encore parfumé d'encens — l'ironie est appuyée, le culte et la charité se croisant sur la route en sens contraires.

Un secours qui prend toute la nuit. Les gestes sont décomposés avec une précision presque médicale, et le Samaritain ne quitte pas le blessé avant l'aube. La charité y est moins un élan qu'une durée : elle se mesure en heures perdues, en manteau déchiré, en argent avancé sans garantie.

Résonances bibliques

  • Luc 10, 25-37 — le parallèle direct. Chez Luc, l'huile et le vin sont versés sur les plaies et l'aubergiste reçoit deux deniers le lendemain ; le vinaigre, le manteau déchiré et la veille nocturne sont propres à cette version.
  • Deutéronome 6, 5 et Lévitique 19, 18 — les deux commandements que le docteur cite lui-même et que la parabole vient articuler.
  • 2 Chroniques 28, 15 — des hommes du Nord recueillent des captifs de Juda, les vêtent, les oignent, les chargent sur des ânes et les mènent jusqu'à Jéricho. Le rapprochement n'est pas suggéré par le texte, mais la scène est étrangement voisine.
Parabole du bon samaritain — Les paraboles de Jésus