Parabole des pêcheurs (et de la perle)
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 239
Le récit
« Approche, mon pêcheur ! Je veux te raconter une parabole qui semble faite pour toi. »
EMV 239.5
Des pêcheurs remontent leurs filets au large. Ils travaillent pour un patron qui leur a passé commande : sa ville doit être approvisionnée en poissons de premier choix. Les espèces nuisibles ou médiocres, qu'on les rejette — d'autres équipages les récupéreront, car ils servent un patron rival dont la ville se nourrit de ce qui empoisonne et n'en devient que plus hideuse.
Le tri commence. La prise est abondante et disparate : certains poissons ont belle apparence mais une chair pleine d'arêtes et l'estomac chargé de vase ; d'autres, avec des gueules de monstres, ont une chair exquise ; d'autres enfin sont si quelconques qu'on ne les voit même pas. Les paniers se remplissent des meilleurs, et l'on juge que cela suffit : le reste retournera à l'eau.
Un homme, qui n'a presque rien dit pendant que ses compagnons vantaient ou raillaient chaque prise, continue de fouiller le filet. Il extrait du menu fretin deux ou trois bêtes qu'il pose au-dessus des paniers. On le raille : il enlaidit un chargement superbe avec ces pauvretés posées de travers. Il répond qu'il connaît cette espèce et sait ce qu'elle vaut. Le patron, à la fin, bénit ce pêcheur patient et silencieux.
La morale
● Énoncée par Jésus lui-même.
L'application est donnée point par point : le patron de la belle ville est Dieu, la ville le Royaume, les pêcheurs les apôtres, la mer l'humanité, les bons poissons les saints ; en face, le patron de la ville hideuse est Satan, sa ville l'enfer, ses pêcheurs le monde et les passions, incarnés dans les démons comme dans les corrupteurs humains.
Trois types d'apôtres se dessinent. Le patient, qui persiste à chercher là où les autres n'ont pris que le visiblement bon. Le distrait, qui manque les bons poissons faute d'un silence assez attentif pour entendre les voix des âmes. L'intransigeant, qui écarte des âmes imparfaites à l'extérieur et excellentes pour tout le reste. Suit l'avertissement central : peu importent les mutilations et les traces de combat, si la volonté d'appartenir à Dieu est ferme.
« Les âmes éprouvées sont des âmes sûres »
EMV 239.6
Plus sûres que celles qui ont grandi préservées comme des enfants dans leurs langes. Le tri définitif, celui des anges au dernier jour, ne viendra qu'après — et l'on verra alors que des âmes de pêcheurs, non seulement de pécheurs, auront été jetées au feu pour avoir manqué à leur charge.
Pistes de lecture
○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.
Le filet de Matthieu passe de la fin des temps au présent. Chez Matthieu, le tri est eschatologique et confié aux anges. Ici, la même image décrit d'abord le travail apostolique en cours — un discernement à exercer aujourd'hui, avec ses ratés — et le Jugement n'arrive qu'en second, comme vérification. La parabole devient un examen de conscience pour ceux qui trient.
La perle sert deux fois, en sens contraire. Elle apparaît d'abord contre l'attachement aux biens : le bijoutier avisé liquide tout son stock pour acquérir la pièce rare. Puis Barthélemy objecte que, si tout le reste est dérisoire, les missions confiées le sont aussi ; la réponse retourne l'image. Une charge poursuivie par calcul humain n'est qu'un fétu souillé, fût-elle sainte ; reçue par obéissance et vécue jusqu'à l'holocauste, elle devient la perle rarissime.
Une parabole faite pour une personne présente. André est nommé, mais la femme arrachée depuis peu à sa vie passée est dans la pièce, mal vêtue et humiliée. Le poisson insignifiant, celui qu'un pêcheur silencieux pose sur le dessus du panier, est assis à quelques pas. Rien ne le dit ; la composition du chapitre le rend difficile à ignorer.
Résonances bibliques
- Matthieu 13, 47-50 — la parabole du filet et du tri final, parallèle direct.
- Matthieu 13, 45-46 — le marchand qui vend tout pour la perle de grand prix.
- Matthieu 13, 52 — le scribe devenu disciple, comparé au maître de maison qui tire de son trésor du neuf et du vieux ; Jésus reprend l'image au terme du chapitre.
- Luc 7, 47 — « il lui est beaucoup pardonné parce qu'elle a beaucoup aimé », rappelé à propos de Marie de Magdala.
Passages cités : Maria Valtorta, L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 239 — © Centro Editoriale Valtortiano. Le texte intégral est disponible aux éditions du CEV.