Parabole des mineurs
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 251
Le récit
Une équipe de mineurs descend dans une galerie où l'on sait qu'un trésor dort, mais profond et bien caché. Ils attaquent. Le terrain est dur, le travail exténuant.
Beaucoup se lassent vite : ils jettent leurs outils et remontent. D'autres tournent leur chef en dérision et le traitent presque d'imbécile. D'autres encore entrent en rage — contre le sort, contre le métier, contre la terre — et frappent si violemment qu'ils réduisent le filon en éclats inutilisables ; après quoi, n'ayant rien tiré de ce qu'ils ont saccagé, ils partent aussi.
Il n'en reste qu'un. Celui-là traite avec douceur les couches qui résistent, cherche à les percer sans rien abîmer, tâtonne, descend plus bas. Il finit par atteindre un filon superbe, dont le métal très pur lui vaut du travail en abondance, une clientèle et de la renommée : chacun veut ce que seule la patience avait su trouver, là où la paresse et la colère n'avaient rien obtenu.
Mais le récit ne s'arrête pas au mineur. L'or extrait, pour devenir beau et servir à l'orfèvre, doit persévérer à son tour — accepter d'être travaillé. S'il refusait la peine, il resterait brut.
La morale
● Énoncée par Jésus lui-même.
Elle est appliquée sur-le-champ à un cas présent : les compagnons d'Hermastée avaient tous promis de venir dans l'enthousiasme, un seul est venu. Puis à l'auditoire : ces hommes ne jettent pas leur tramail une seule fois pour prendre les coquillages de pourpre, ils recommencent des heures, des jours, des mois, et reviennent l'année suivante — parce qu'il y va de leur pain. Agiraient-ils autrement pour ce qui compte davantage ?
« Persévérer : c'est le grand mot. Pour toutes les choses bonnes. »
EMV 251.6
La sentence qui l'accompagne est plus sombre qu'on ne l'attendrait : ses disciples seront nombreux et le seront toujours plus, mais « seulement le tiers de la moitié » (EMV 251.6) saura l'être jusqu'au bout.
Pistes de lecture
○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.
La parabole est à deux étages, ce qui est rare. L'auditeur croit d'abord être le mineur : à lui de creuser, de tenir, de trouver. Puis la position se déplace et il devient le métal, qui doit consentir au marteau. Chercher Dieu et se laisser façonner par lui sont donnés comme un seul effort, dont l'échec peut survenir aux deux bouts.
Trois manières d'abandonner, et la plus grave n'est pas la lassitude. Ceux qui s'en vont ne détruisent rien, ceux qui se moquent non plus. Mais ceux qui frappent avec colère brisent le filon en fragments dont plus personne ne fera rien : leur départ ferme la mine aux suivants. L'aigreur est ici un dommage public, non une faiblesse privée.
Le lieu compte autant que le récit. On est hors d'Israël, sur une côte païenne, dans une crique dérobée que Jésus a préférée à la ville. Le préambule le dit sans détour en invoquant Élie envoyé chez une veuve étrangère : ce sont ces pêcheurs-là, et non Tyr la riche, qui reçoivent la charge d'annoncer.
Résonances bibliques
- 1 Rois 17, 8-24 — Élie à Sarepta de Sidon : la veuve, la poignée de farine, l'huile qui ne manque pas, l'enfant rendu à la vie. Jésus en fait le portique de tout le discours et applique aux pêcheurs la promesse de l'inépuisable.
- Luc 4, 25-26 — Jésus rappelle qu'il y avait beaucoup de veuves en Israël et qu'Élie ne fut envoyé à aucune d'elles, sinon à celle de Sarepta. Même argument ici, mais devant les bénéficiaires plutôt que devant les jaloux.
- Luc 5, 5 — « Sur ta parole, je jetterai les filets. » La formule de confiance que Jésus met dans la bouche de ses auditeurs est celle de Pierre au premier jour.
- Matthieu 10, 22 ; 24, 13 — « Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. » L'énoncé synoptique dont cette parabole est le développement imagé.
- Matthieu 13, 44 — le trésor caché dans un champ : même bien enfoui, mais l'accent y porte sur la joie de la trouvaille, ici sur la durée du creusement.
Passages cités : Maria Valtorta, L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 251 — © Centro Editoriale Valtortiano. Le texte intégral est disponible aux éditions du CEV.