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21Deuxième année de vie publiqueChapitre 278Jésus énonce lui-même la morale, explicitement.

Parabole des dettes remises (le serviteur impitoyable)

Deuxième année de vie publique — Magdala, dans le jardin de Marie de Magdala, au bord du lac ; Jésus vient de nourrir les pauvres et achève la formation des disciples avant leur envoi, à l'approche de la fête des Tentes.
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, chapitre 278

Le récit

Un roi décide de vérifier ses comptes et convoque ses serviteurs, en commençant par les plus haut placés. Le premier lui doit dix mille talents : des avances considérables, consenties pour qu'il bâtisse et s'établisse, et qu'il a laissé dormir sans grand zèle. Le maître, irrité de cette négligence et de cette parole non tenue, ordonne qu'on le vende avec sa femme, ses enfants et ses biens jusqu'à extinction de la dette.

L'homme se jette à terre, pleure, demande seulement du délai : il remboursera tout. Le roi, bon, cède — et va plus loin. Ayant appris que la maladie comptait parmi les causes du retard, il efface purement et simplement l'ardoise.

Le gracié sort tout joyeux. Sur son chemin, il croise un misérable à qui il avait lui-même avancé cent deniers — prélevés, précise le récit, sur les dix mille talents reçus du roi. Se croyant désormais intouchable, il le prend à la gorge et exige son dû sur-le-champ. L'autre se courbe, embrasse ses pieds, supplie qu'on patiente. Rien n'y fait : le créancier appelle les soldats et le fait jeter en prison.

Les proches du malheureux vont tout raconter au souverain. Celui-ci fait revenir son serviteur et lui pose la seule question qui compte : pourquoi n'a-t-il pas agi comme on avait agi envers lui ? La remise est annulée ; l'homme est livré aux geôliers jusqu'au dernier sou. Puisqu'il n'a pas eu pitié pour presque rien, il n'aura pas de pitié.

La morale

● Énoncée par Jésus lui-même.

Elle l'est deux fois. Avant le récit, en réponse à Pierre qui demande s'il faut pardonner sept fois :

« Je ne te dis pas sept fois, mais soixante-dix fois sept fois. Un nombre illimité. »

EMV 278.3

Puis dans l'introduction même de la parabole, où la formule dépasse le simple devoir de clémence :

« Le pardon ouvre le Royaume des Cieux, tant à celui qui reçoit le pardon qu'à celui qui l'accorde. »

EMV 278.4

L'application qui suit le récit est directe et sévère. Le Père agira de la sorte envers ceux qui, ayant beaucoup reçu, se montrent durs pour leurs frères. Une restriction est posée au passage : Dieu pardonne mille fois la faiblesse, non la volonté délibérée de pécher — mais cette distinction concerne Dieu seul, car aux disciples il est demandé de pardonner toujours, sans examiner.

Pistes de lecture

○ Interprétation — ces rapprochements ne figurent pas dans le texte.

L'argent prêté n'appartenait pas au prêteur. Le détail est propre à cette version : les cent deniers réclamés au pauvre venaient des dix mille talents du roi. Le serviteur n'exige donc pas son bien, il exige un bien reçu. Toute la disproportion morale de la scène tient dans cette précision d'une ligne.

La maladie comme circonstance atténuante. Le roi ne remet pas la dette par pure générosité : il l'efface après avoir appris que le retard s'expliquait en partie par la maladie. Le pardon est ici présenté comme un acte informé, presque une justice mieux instruite — nuance que la version de Matthieu ne comporte pas.

Une parabole devenue sacerdotale. Le contexte du chapitre déplace la cible. Jésus vient d'annoncer aux apôtres qu'ils absoudront, lieront et délieront en son nom ; il quitte alors le cercle des Douze pour redire la parabole aux disciples. Le serviteur du plus haut rang n'est plus n'importe quel pécheur : c'est celui qui a reçu le pouvoir de remettre les dettes des autres, et qui pourrait le refuser.

Résonances bibliques

  • Matthieu 18, 21-35 — le parallèle direct, avec la question de Pierre sur les sept fois et la réponse des soixante-dix fois sept fois. Le récit y est plus dépouillé : ni maladie, ni origine des cent deniers.
  • Matthieu 18, 18-20 — le pouvoir de lier et de délier, et la promesse faite à deux ou trois réunis au nom du Christ : le chapitre reprend ces deux motifs juste avant la parabole, dans le même ordre que l'évangéliste.
  • Matthieu 6, 12.14-15 — la demande du Notre Père sur les dettes remises, et la condition qui la suit immédiatement.
  • Luc 10, 2 — la moisson abondante et les ouvriers peu nombreux, citée à la fin du chapitre au moment de l'envoi.
Parabole des dettes remises (serviteur impitoyable) — Les paraboles de Jésus