Toutes les paraboles
Parabole de l'évangile reprise et commentéeLeçons aux RomainsChapitre 25Leçon n° 25 — Rm 7.

L'habit de noces

Leçons aux Romains — leçon n° 25, sur Romains 7. Dictée du 7 au 11 juin 1948. Celui que Maria Valtorta appelle « le Doux Hôte » reprend la question par laquelle s'achevait la leçon précédente — « Qui nous délivrera de ce corps de mort ? La Grâce de Dieu, par Jésus Christ notre Seigneur » — et décrit le conflit permanent entre l'homme intérieur et la loi du péché présente dans les membres. C'est de ce conflit, dit-il, que Dieu tire les richesses qui ouvrent le Royaume ; et c'est là qu'il nomme l'habit.
Leçons sur l'Épître de saint Paul aux Romains, chapitre 25

Ce que la leçon en fait

L'habit de noces cesse d'être un objet que l'on porte ou que l'on n'a pas. Il devient un ouvrage, et l'ouvrage occupe toute la vie :

« C'est cela votre habit de noces, l'habit dont Jésus a parlé dans la parabole du festin des noces royales. Malheur à celui qui ne file et ne tisse pas son habit pendant la journée terrestre. »

Leçons aux Romains, chapitre 25

Le métier à tisser est nommé : « À celui qui ne tire pas le fil et le métier du tissage d'une assidue volonté intérieure de faire ce que la Loi de Dieu lui propose, ou ce que Dieu lui présente. » Le fil, c'est la lutte quotidienne entre la bonne volonté de l'homme intérieur d'un côté, la loi du péché, le monde et le démon de l'autre. Autrement dit : la matière même de l'habit est ce que le chapitre vient de décrire comme une épreuve subie, et qui devient ici un travail. Le seul manquement possible est l'abandon — « Malheur à celui qui renonce à l'effort quotidien qu'exige la préparation de son habit de noces, et qui néglige de l'enrichir avec les bijoux déjà conquis. »

L'habit change aussi de destination. Il ne sert plus à franchir la porte de la salle, mais à tenir dans la « grande tribulation » et à se tenir autour du trône de l'Agneau, la palme à la main. La leçon s'arrête alors sur cette palme, qui revient dans le symbolisme chrétien aux martyrs, et que Jean voit pourtant dans la main de tous les élus : c'est que « chaque saint est un martyr de l'Amour et de la Haine, de l'esprit et de la chair ». Suivent les pages sur le martyre de la douleur, ce que la leçon appelle « le huitième sacrement et la neuvième béatitude », et sur le martyre de l'amour.

Reste la difficulté que ce déplacement crée : un vêtement entièrement filé par celui qui le porte n'est plus un don. La dernière page du chapitre y répond en tenant les deux gestes ensemble — « Chacun d'eux, par sa volonté propre, aura préparé son vêtement et purifié son étole dans le Sang de l'Agneau. » L'homme file, le Sang blanchit.

La leçon 43, deux ans plus tard, reprendra la même parabole par l'autre bout — les appelés qui ne sont pas élus — et lui donnera des noms propres.

La parabole d'origine

Matthieu 22, 11-14 forme la fin de la parabole des noces royales. La salle une fois remplie de tous ceux que les serviteurs ont ramassés aux carrefours, le roi entre pour voir les convives et en remarque un qui n'a pas revêtu l'habit de noces. Il l'appelle « mon ami » et lui demande comment il est entré ainsi ; l'homme reste muet. On le lie pieds et mains, on le jette dans les ténèbres du dehors, « là où il y aura des pleurs et des grincements de dents ». Puis la formule qui clôt le tout : beaucoup d'appelés, peu d'élus.

Trois choses se déplacent. Le temps : chez Matthieu, l'habit se constate à l'entrée, en un instant ; ici il se fabrique fil à fil pendant toute la vie terrestre. Le silence du convive : il n'est plus l'aveu d'une négligence sans excuse, il devient le refus de la lutte quotidienne, seule faute que la leçon retienne. Le lieu enfin : la salle du festin s'efface au profit du trône de l'Agneau, et l'habit sert d'abord à traverser la tribulation avant de servir à paraître.

L'habit de noces — Les paraboles de Jésus